La République démocratique du Congo lance, à partir du 6 janvier 2026, de nouvelles plaques minéralogiques sécurisées, annoncées par la Direction Générale des Impôts (DGI).
Ce changement, le quatrième en moins de 30 ans, vise officiellement à renforcer la sécurité, la traçabilité des véhicules et à faciliter le contrôle routier.
Présentée comme une réforme technique et administrative, la mesure suscite cependant de vives inquiétudes au sein de la population, dans un contexte de crise sociale et économique persistante.
Les tarifs officiels pour les particuliers, fixés par un arrêté signé le 10 novembre 2025, sont les suivants :
115 USD pour l’immatriculation d’un véhicule,
72 USD pour le changement de plaques,
24 USD pour la mutation ou le changement d’adresse,
54 USD pour le duplicata d’une paire de plaques,
30 USD pour un duplicata d’une demi-paire,
24 USD pour un duplicata du certificat d’immatriculation.
Pour les personnes morales, ces tarifs sont majorés de 50 %, ce qui alourdit davantage la charge financière pour les entreprises et les organisations.
L’immatriculation personnalisée est quant à elle fixée à 1 500 USD par caractère alphanumérique, une option réservée aux particuliers, mais jugée hors de portée et élitiste dans un pays où la majorité de la population vit avec moins de 2 USD par jour.
Depuis l’ère Mobutu, les plaques d’immatriculation ont déjà changé à plusieurs reprises :
en 1998 (fond jaune, inscriptions noires),
en 1999 (fond bleu, lettres jaunes),
en 2009 (fond blanc, inscriptions noires avec drapeau et sigle CGO).
Ce marché, souvent considéré comme lucratif, a par le passé bénéficié à des proches du pouvoir, laissant à la DGI seulement 35 % des recettes, selon plusieurs sources.
Si la réforme actuelle ambitionne de moderniser le système, elle est perçue par de nombreux citoyens comme un fardeau économique supplémentaire, venant s’ajouter à d’autres dépenses obligatoires telles que le permis de conduire biométrique, le contrôle technique ou encore les frais scolaires.
Les coûts élevés sont jugés exorbitants et déconnectés de la réalité sociale, renforçant le sentiment d’injustice et la fracture entre la population et les autorités.
Dans un contexte marqué par l’insécurité et la précarité, cette réforme risque ainsi de devenir non seulement un problème administratif, mais aussi un facteur de tension sociale et politique.
✍🏽 Par la Rédaction



