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Lualaba : pollution massive à Bel Air, Ruachi Mining accusée d’empoisonner la rivière Dilala et la population

À Bel Air, dans la province du Lualaba, la pollution n’est plus un incident isolé ni une simple dérive industrielle : elle est dénoncée comme un crime environnemental en cours.

La société minière Ruachi Mining, entreprise à capitaux chinois, est accusée par les organisations de défense des droits de l’homme et la population locale d’avoir empoisonné la rivière Dilala à travers des rejets acides provenant de son usine, exposant durablement une population entière à un danger mortel.

Selon la société civile, les substances acides déversées dans la rivière ont anéanti les cultures agricoles, détruit les champs et réduit à néant les moyens de subsistance de nombreuses familles.

Les produits agricoles sont désormais jaunis, impropres à la consommation, et les tôles servant à protéger les habitations ou les récoltes ont été détruites ou corrodées par l’acidité, laissant les habitants démunis face à cette contamination.

Cette rivière, jadis source de vie, est aujourd’hui décrite comme toxique, impropre à la consommation humaine, à l’agriculture et même aux usages domestiques les plus élémentaires.

Mais le drame dépasse largement l’eau. Les habitants affirment que l’air est lui aussi gravement pollué.

Des poussières et émanations nocives issues des activités minières enveloppent quotidiennement le quartier, rendant chaque respiration un risque sanitaire permanent.

« Nous respirons du poison, ça nous tue à petit feu», dénoncent des riverains, décrivant un environnement devenu inhabitable.
Les conséquences sanitaires sont alarmantes.

La population signale une augmentation inquiétante des maladies diarrhéiques, liées, selon elle, à la consommation de l’eau polluée.

À cela s’ajoutent de nombreuses maladies respiratoires, touchant en priorité les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et les plus vulnérables.
À Bel Air, la maladie s’est installée comme une réalité quotidienne, conséquence directe d’un environnement contaminé et empoisonné par Ruachi Mining.

Malgré la gravité des faits, les multiples descentes des services du gouvernement provincial n’ont produit aucune solution concrète.

Aucun assainissement effectif, aucune mesure de protection immédiate pour la population n’a été imposée. Pendant que les rapports se font attendre, la pollution se poursuit et la situation continue de s’aggraver.

La société civile dénonce un mépris total des obligations légales et sociales de Ruachi Mining. L’entreprise est accusée de :

Non-respect du cahier des charges communautaire,
Absence d’actions visibles de développement communautaire,
Mauvais traitements infligés aux agents, selon plusieurs témoignages concordants.

Pour les défenseurs des droits humains, Ruachi Mining ne se contente pas d’exploiter les ressources minières : elle détruit l’environnement, empoisonne l’eau, pollue l’air et sacrifie une population entière sur l’autel du profit.

Contactée sur ces accusations d’une extrême gravité, la société indique qu’elle ne s’exprimera qu’après la publication du rapport officiel des services du gouvernement provincial chargés d’établir les faits, comme pour signifier que, pendant que l’entreprise attend des conclusions administratives, la population de Bel Air continue d’être empoisonnée par des rejets acides, de respirer un air pollué, de consommer une eau toxique, de voir ses récoltes jaunies et ses tôles détruites, et de subir, jour après jour, les conséquences d’une pollution qui détruit des vies dans une indifférence glaçante.

Pendant ce temps, Bel Air s’enfonce dans un silence toxique. Chaque jour sans décision ferme est perçu par les habitants comme une condamnation tacite.

L’absence de sanctions visibles, l’attentisme des autorités et la poursuite des activités minières alimentent le sentiment d’un abandon total, livrant la population à une pollution qui tue lentement.

Pour de nombreux acteurs locaux, ce qui se joue à Bel Air dépasse le cadre environnemental : c’est une violation grave du droit à la vie, à la santé et à la dignité humaine, sous le regard impuissant ou complice, selon certains des institutions censées protéger les citoyens.

✍🏽 Par ma rédaction

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