À Kolwezi, la route Mushima est devenue bien plus qu’une simple voie de circulation : elle incarne aujourd’hui le symbole criant d’un échec administratif, d’une décision précipitée et d’une promesse politique jamais tenue.
Autrefois praticable, bien que partiellement asphaltée, cette artère stratégique assurait une mobilité relativement fluide pour des milliers d’usagers.

Pourtant, il y a un an, elle a été délibérément détruite par le gouvernement provincial, sur initiative du nouveau ministre provincial des Infrastructures, au nom d’une reconstruction annoncée comme “imminente”.
Un an plus tard, le constat est brutal, pas de travaux, pas d’engins, pas de calendrier et pas d’explication.
À la place, une route éventrée, laissée à l’abandon, transformée en piège quotidien pour les automobilistes, les motocyclistes et les piétons.“On a cassé une route qui fonctionnait”, déplore un usager, amer.
Avant sa destruction, la route Mushima facilitait la circulation, limitait les pannes mécaniques, réduisait les accidents et garantissait un accès relativement sûr aux quartiers environnants.

Aujourd’hui, elle n’est plus que l’ombre d’elle-même : poussière en saison sèche, bourbier en saison des pluies.
« On roulait tranquillement ici. Ce n’était pas parfait, mais c’était praticable. Aujourd’hui, ma voiture est tombée en panne deux fois à cause de cette route », se lamente un chauffeur de taxi.
Plusieurs automobilistes témoignent avoir vu leurs véhicules gravement endommagés par des nids-de-poule béants et des portions totalement impraticables.
Une situation qui traduit un mépris flagrant pour une infrastructure à haute valeur sociale, ignorée par l’État.
Une route vitale pour KolweziLa route Mushima n’est pas une simple voie secondaire. Elle constitue un poumon de mobilité pour la ville, jouant un rôle central dans la vie quotidienne des habitants :
Elle permet aux étudiants de l’ISTM d’accéder à leurs cours ;Elle est l’unique voie menant au cimetière Cité des Anges ;Elle débouche sur la route By-pass, axe clé de désengorgement ;Elle relie plusieurs quartiers émergents et non urbanisés au centre-ville.
« Chaque fois qu’il y a un enterrement, c’est la galère. Même les corbillards peinent à passer. Est-ce digne pour une ville comme Kolwezi ? », s’indigne une habitante du quartier Golf Mwanzambinda.

Silence officiel, colère populaire, malgré les multiples cris de détresse des riverains et usagers, aucune communication officielle n’a été faite par les autorités provinciales.
Le ministre à l’origine de la destruction n’a jamais fourni d’explication claire sur l’arrêt ou plutôt l’absence des travaux.
« Ils sont forts pour détruire, mais incapables de reconstruire. C’est ça la gouvernance ? », lance un étudiant de l’ISTM, visiblement exaspéré.
Pour de nombreux observateurs, cette situation met en lumière une faiblesse criante de l’autorité provinciale, incapable de planifier, d’exécuter et d’assumer ses décisions.
La route Mushima rejoint ainsi la liste déjà longue des chantiers fantômes et des infrastructures sacrifiées au nom de projets jamais réalisés. Pendant ce temps, les citoyens continuent de payer le prix fort : perte de temps, véhicules endommagés, coûts de réparation élevés et risques d’accidents accrus.
« Si le gouvernement provincial ne peut pas reconstruire, qu’il nous dise la vérité. On ne peut pas continuer comme ça », conclut un conducteur, à bout de patience.
Un an après sa destruction, la route Mushima reste à terre. Et avec elle, la crédibilité des autorités provinciales est gravement entamée.
✍🏽 Par Jean-Claude Mukenga



