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RDC : Kabund fustige un dialogue national « imposé d’en haut » et appelle à une médiation neutre

L’initiative de dialogue national annoncée par le président Félix Tshisekedi continue de susciter fortes réticences au sein de la classe politique congolaise.

Dernier à dénoncer publiquement le processus : Jean-Marc Kabund, président de l’Alliance pour le changement (A.Ch) et ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale.Samedi à Kinshasa, l’ex-secrétaire général de l’UDPS a vivement critiqué la méthode adoptée par le pouvoir, dénonçant une démarche « unilatérale ».

Selon lui, il est incohérent qu’un pouvoir contesté définisse seul les contours d’un dialogue censé résoudre la crise sécuritaire et politique, notamment dans l’Est du pays.

Pour Kabund, un véritable dialogue nécessite inclusivité, équilibre et consensus national. Vouloir encadrer strictement les participants, les règles et les limites du débat revient à organiser un monologue plutôt qu’un échange constructif.

Il insiste sur le fait que la paix ne se décrète pas : elle se construit sur la légitimité et la représentativité des acteurs impliqués.Son parti rejette donc tout dialogue piloté exclusivement par le pouvoir, sans facilitation neutre.

Il a rappelé plusieurs préalables jugés indispensables pour un dialogue crédible :Respect de la Constitution et de la souveraineté nationale,Libération des prisonniers politiques et d’opinion,Fin des arrestations arbitraires et actes d’intimidation,Retour des exilés politiques,Ouverture réelle de l’espace public et politique.Kabund avertit : l’absence d’un dialogue inclusif risque d’aggraver la crise actuelle et de compromettre les élections de 2028, rendant leur organisation impossible dans les délais constitutionnels.

De son côté, le président Tshisekedi, s’adressant récemment au corps diplomatique, a souligné l’importance de renforcer l’unité nationale, tout en précisant que le dialogue ne devait ni remettre en cause les institutions élues, ni se tenir en dehors du cadre constitutionnel.

Cette posture est perçue par une partie de l’opinion comme un retrait du tandem CENCO-ECC, pourtant considéré par l’opposition et la société civile comme médiateur crédible et neutre.

Alors que le débat se poursuit, les initiatives diplomatiques à Washington et Doha peinent à produire des effets concrets sur le terrain, où la situation sécuritaire reste préoccupante dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.

Le dialogue national en RDC apparaît donc encore fragile, contesté et soumis à un défi majeur de crédibilité, avec une opposition qui réclame transparence, neutralité et respect des droits fondamentaux avant tout engagement.

✍🏽 Par la rédaction

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