Le lauréat congolais du prix Nobel de la paix, Denis Mukwege, a exprimé jeudi son inquiétude face au risque de tensions régionales accrues après les frappes par drones qui ont visé l’aéroport de Kisangani, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC).
Il appelle à une réaction rapide de la communauté internationale pour éviter une crise plus large.Dans un communiqué rendu public ce samedi 07 février, Mukwege précise que ces attaques, survenues dans la nuit du 31 janvier au 1er février, ont été revendiquées par le groupe armé M23/AFC, qui reconnaît désormais sa coopération avec l’armée rwandaise.
Aucun blessé n’a été signalé pour le moment. Le médecin congolais alerte sur le danger que ces frappes « raniment les tensions entre le Rwanda et l’Ouganda », évoquant la mémoire de la « guerre des six jours » de juin 2000 à Kisangani.
À l’époque, des combats entre forces rwandaises et ougandaises avaient entraîné la mort de nombreux civils congolais, sans que justice ne soit rendue.
Mukwege conteste l’argument de Kigali selon lequel l’opération militaire serait une mesure défensive.
Il rappelle que le droit international ne reconnaît ni la guerre préventive ni la légitime défense anticipée et que la Charte des Nations unies proscrit l’usage de la force entre États sauf en cas d’agression avérée ou sous mandat du Conseil de sécurité.
Il cite également la résolution 2773 du Conseil de sécurité qui insiste sur le respect de la souveraineté congolaise et exige le retrait immédiat de l’armée rwandaise ainsi que la dissolution des structures de la coalition M23/AFC.
Enfin, Denis Mukwege appelle à des sanctions strictes contre le Rwanda et ses alliés afin de mettre un terme aux opérations militaires sur le sol congolais et prévenir un « embrasement généralisé » dans la région des Grands Lacs, menaçant la stabilité et la sécurité internationales.
✍🏽 Par Joël T.



