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Dialogue intercongolais : Luanda avance ses pions et promet d’annoncer « en temps opportun » la phase préparatoire

La capitale angolaise s’impose progressivement comme l’épicentre des manœuvres diplomatiques autour de la crise congolaise.

Mandatée à l’issue d’une rencontre de haut niveau tenue à Luanda, l’Angola est désormais chargée d’engager des consultations avec les différentes composantes congolaises en vue de l’organisation d’un dialogue intercongolais.
Cette décision fait suite aux échanges ayant réuni le président angolais João Lourenço également président en exercice de l’Union africaine, le chef de l’État congolais Félix Tshisekedi, son homologue togolais Faure Gnassingbé, médiateur désigné par l’UA dans le dossier congolais, ainsi qu’Olusegun Obasanjo, représentant des anciens chefs d’État africains impliqués dans la facilitation du processus de paix en RDC.

Dans une communication rendue publique mercredi 11 février 2026, la présidence angolaise a indiqué que le lancement de la phase préparatoire du dialogue, prévu à Luanda, sera annoncé « en temps opportun.»

L’initiative entend appuyer les démarches diplomatiques en cours, notamment les processus de Washington et de Doha, engagés pour tenter de stabiliser la situation en République démocratique du Congo.

Sur le plan interne, les positions restent contrastées.
Les autorités congolaises défendent un dialogue strictement encadré par les institutions républicaines, excluant toute remise en cause de l’ordre constitutionnel ainsi que toute forme d’amnistie pour des faits graves.

À l’opposé, le parti Ensemble pour la République, dirigé par Moïse Katumbi, rejette l’idée d’un processus piloté par le pouvoir en place.

Cette formation estime qu’un dialogue crédible devrait être conduit sous l’égide conjointe de la CENCO (Conférence épiscopale nationale du Congo) et de l’ECC (Église du Christ au Congo), à l’origine d’une feuille de route commune. Elle qualifie le projet soutenu par la présidence de « simulacre ».

Martin Fayulu partage cette position et insiste également sur le rôle central des Églises dans la conduite d’un dialogue véritablement inclusif.

De leur côté, la CENCO et l’ECC plaident pour un cadre large et participatif, tout en soulignant que l’ouverture du dialogue ne saurait être assimilée à une quelconque impunité.

Elles évoquent notamment la mise en place de mécanismes de justice transitionnelle et insistent sur l’urgence d’engager des discussions afin d’éviter un enracinement durable des groupes armés dans les territoires occupés.

Certaines voix de la société civile rappellent, elles aussi, que le dialogue ne doit pas servir de « blanchisserie politique », tout en reconnaissant la nécessité d’un espace de concertation pour sortir de l’impasse sécuritaire et institutionnelle.

À ce stade, aucun dialogue national n’a été officiellement convoqué.

Parallèlement, les initiatives diplomatiques menées à l’international progressent sur le plan politique, sans produire d’améliorations tangibles sur le terrain.

Dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, la situation sécuritaire demeure fragile et volatile.

Dans ce climat de méfiance persistante et de profondes divisions entre acteurs congolais, le mandat confié à l’Angola apparaît comme l’étape opérationnelle la plus concrète engagée jusqu’ici.

Reste à savoir si Luanda parviendra à transformer cette promesse diplomatique en véritable dynamique politique capable de rapprocher des positions encore fortement antagonistes.

✍🏽 Par Joël T.

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