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Haute Cour militaire : Yav Irung au cœur d’un procès explosif, la piste rwandaise s’invite à l’audience

Le procès du général Philémon Yav Irung a pris une tournure particulièrement sensible mardi 17 février 2026 devant la Haute Cour militaire.

Entendu comme témoin à la demande de la défense, le lieutenant-général Fall Sikabwe a affirmé que l’accusé figurerait sur une liste d’officiers congolais que le Rwanda aurait envisagé de neutraliser.

À la barre, le témoin a cité six hauts gradés qu’il présente comme étant « ciblés » :

le lieutenant-général Constant Ndima ;

le lieutenant-général Philémon Yav Irung ;

le général-major Peter Chirimwami ;

le général-major Sylvain Ekenge ;

le général de brigade Ghislain Tshinkobo Mulamba ;

le général de brigade John Chinabuuma Kamukinde.

Selon Fall Sikabwe, certains de ces officiers seraient perçus comme « extrémistes » par Kigali.

Il a également évoqué les événements de 1998 à Kinshasa, rappelant le rôle attribué au général Yav et à d’autres militaires lors des affrontements ayant marqué cette période trouble.

Le ministère public a fermement contesté ces déclarations, estimant que l’argument d’un officier prétendument ciblé par le Rwanda relèverait d’une stratégie de diversion.

Pour l’accusation, cette ligne de défense viserait à détourner l’attention des faits reprochés au prévenu.

Les avocats du général Yav Irung ont, de leur côté, rejeté toute insinuation de collusion avec Kigali.

Ils soutiennent qu’aucune preuve tangible ne démontre un quelconque lien entre leur client et les autorités rwandaises.

Le général Philémon Yav Irung est poursuivi pour des contacts présumés avec l’entourage de James Kabarebe.

En 2020, il avait été nommé commandant de la troisième zone de défense des FARDC, couvrant le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, l’Ituri, le Maniema et la Tshopo, une zone stratégique en proie à l’insécurité.

Arrêté en septembre 2022, il comparaît près de trois ans après les faits présumés.

Surnommé « le Tigre », cet officier figure parmi les généraux issus de l’espace Grand Katanga. Le dossier ravive par ailleurs un débat politique sensible : certaines figures, dont l’ancien président Joseph Kabila, ont évoqué une supposée marginalisation d’officiers originaires de cette région sous l’actuel pouvoir.

Des accusations que l’armée congolaise a toujours rejetées, affirmant que les poursuites engagées contre des hauts gradés s’inscrivent exclusivement dans le strict cadre de la justice militaire.

Le procès se poursuit dans un climat tendu, sur fond d’enjeux sécuritaires et politiques majeurs.

✍🏽 Par Joël T.

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