En République démocratique du Congo, le deuxième vice-président du Sénat de la République démocratique du Congo, Modeste Bahati Lukwebo, se retrouve au cœur d’une vive polémique politique.
Moins de vingt-quatre heures après avoir publiquement exprimé son opposition à une éventuelle révision ou modification de la Constitution, il fait désormais face à une motion de défiance au sein de la chambre haute du Parlement, à quelques jours seulement de l’ouverture de la session parlementaire de mars.
L’initiative est portée par le sénateur Dany Kabongo Bondanya.
Contacté à ce sujet, ce dernier estime que les déclarations de Modeste Bahati Lukwebo sont inappropriées et traduisent, selon lui, un manque de respect envers le chef de l’État, Félix Tshisekedi.
Il rappelle que le leader de l’Alliance des Forces Démocratiques du Congo et Alliés (AFDC-A) occupe des responsabilités importantes, aussi bien au Sénat qu’au sein du présidium de l’Union sacrée de la nation.
Selon Dany Kabongo Bondanya, une telle prise de position aurait dû être discutée en amont avec le président de la République, considéré comme l’autorité morale de la coalition au pouvoir.
Le sénateur annonce également qu’une communication publique sera prochainement faite afin de détailler les motivations de la motion et les griefs formulés contre Modeste Bahati Lukwebo.
Lors d’une conférence de presse tenue mercredi à Kinshasa, ce dernier avait clairement exprimé son opposition au projet de modification ou de changement de la Constitution. Pour lui, le texte fondamental ne constitue pas un frein au développement du pays.
Il avait plutôt estimé que les difficultés de gouvernance proviennent de la manière dont les responsables politiques appliquent les lois.
Le sénateur avait également qualifié le débat autour de la réforme constitutionnelle de « faux problème », appelant les acteurs politiques à se concentrer davantage sur l’amélioration des conditions de vie de la population.
Ces propos ont rapidement suscité de vives réactions au sein de la majorité présidentielle.
Plusieurs figures politiques proches du pouvoir ont critiqué sa position, notamment le secrétaire général de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS), Déo Bizibu, qui a jugé cette prise de position incompatible avec l’orientation politique défendue par l’Union sacrée de la nation.
Cette nouvelle tension politique intervient à quelques jours de la rentrée parlementaire, un contexte qui pourrait raviver les débats au sein de la majorité au pouvoir autour de la question sensible de la réforme constitutionnelle.
✍🏽 Par Joël T.



