Le débat autour d’une éventuelle révision de la Constitution continue de susciter de vives réactions sur la scène politique congolaise. Entre les partisans d’une réforme, qui invoquent la nécessité d’adapter le texte aux réalités actuelles, et les opposants qui redoutent des dérives politiques, les positions restent profondément divergentes.
Parmi les voix les plus critiques, Moïse Katumbi, figure de l’opposition et leader du parti Ensemble pour la République, rejette catégoriquement toute idée de modification de la Loi fondamentale. Dans une déclaration diffusée sur ses réseaux sociaux, il appelle les citoyens à rester vigilants et à s’opposer à ce qu’il considère comme une tentative de remise en cause de l’ordre constitutionnel.
L’ancien gouverneur du Katanga estime que la Constitution actuelle constitue un rempart essentiel contre toute dérive autoritaire. Il insiste notamment sur la nécessité pour la population de se mobiliser afin de préserver ce cadre légal, qu’il juge protecteur des institutions et des libertés.
Selon lui, les difficultés auxquelles fait face la République démocratique du Congo ne trouvent pas leur origine dans le texte constitutionnel. Il attribue plutôt ces problèmes à la gouvernance, évoquant notamment les défis liés aux infrastructures, à la rémunération des agents publics ou encore à la précarité sociale dans plusieurs régions du pays.
Dans son argumentaire, l’opposant souligne que la Constitution en vigueur, promulguée en 2006, offre déjà des bases solides pour le fonctionnement de l’État. Il appelle ainsi à concentrer les efforts sur son application effective plutôt que sur sa révision.
Par ailleurs, Moïse Katumbi met en avant l’importance de l’unité nationale et de la stabilité, tout en critiquant certains acteurs qu’il accuse de détourner leurs compétences au détriment du développement du pays.
De leur côté, les responsables de la majorité présidentielle, notamment issus de l’UDPS, défendent l’idée d’une réforme constitutionnelle. Ils estiment que le texte actuel présente des limites et devrait évoluer afin d’améliorer l’efficacité de l’action publique.
Cette divergence d’approches alimente les inquiétudes d’une partie de l’opposition et de la société civile, qui soupçonnent une volonté de modifier certaines dispositions sensibles, notamment celles liées à la limitation des mandats présidentiels.
Joël T.



