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Tshikapa en ébullition : la CONEPT dénonce des élèves filles du PAAF chassées de l’école, parle de “sacrifice” et accuse le système éducatif de dérapage

La situation reste tendue à Tshikapa, où la mise en œuvre du Projet d’apprentissage et d’autonomisation des filles (PAAF) continue de provoquer de vives réactions dans le secteur éducatif.
Ce mercredi 22 avril 2026, plusieurs écoles publiques ont été paralysées après le renvoi des élèves filles bénéficiaires du programme.

Une décision prise dans un climat de contestation des encadreurs, qui dénoncent des difficultés liées à l’exécution du projet et à la prise en charge financière des établissements.

Très vite, la situation a dégénéré. Des centaines d’élèves se sont retrouvées hors des salles de classe, contraintes de regagner leurs domiciles ou de déambuler dans les rues. Certaines ont manifesté leur mécontentement en chantant et en marchant vers les institutions éducatives et administratives de la ville.

Face à cette crise, la CONEPT RDC est montée au créneau. Son coordonnateur provincial, Faustin Mputu Kalala, a vivement condamné ce qu’il qualifie de dérive grave du système éducatif.

« Ces élèves filles ne peuvent pas être chassées de l’école sous prétexte de problèmes administratifs ou contractuels. La CONEPT condamne avec la dernière énergie cette situation. Nous parlons ici d’un véritable sacrifice des enfants », a-t-il déclaré avec fermeté.

Pour la CONEPT, peu importent les tensions entre acteurs du système éducatif, la place de l’enfant demeure en classe. L’organisation rappelle que l’éducation est un droit fondamental et non une variable d’ajustement dans les conflits institutionnels.

Dans sa prise de position, Faustin Mputu Kalala appelle à une reprise immédiate des cours et à un retour au dialogue entre les différentes parties prenantes. Il exhorte également les autorités à accélérer les mécanismes de décaissement et de gestion du projet afin d’éviter que les élèves ne soient davantage pénalisées.

Le PAAF, pour rappel, est un programme du gouvernement central visant à renforcer la scolarisation des filles dans les provinces à faible taux d’accès à l’éducation. Il s’inscrit dans une dynamique de réduction des inégalités scolaires et de promotion de l’éducation féminine.

La crise actuelle met toutefois en lumière les tensions autour de sa mise en œuvre sur le terrain, entre promesses de financement, contraintes administratives et réalités des établissements scolaires.

Alors que les regards restent tournés vers les autorités provinciales et nationales, un appel à l’apaisement a été lancé pour permettre une reprise des cours dans les prochains jours. Mais à Tshikapa, le malaise demeure profond et la question de la continuité éducative des filles reste au cœur des préoccupations.

✍🏽 Par Sadam Kapanda wa Kapanda

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