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Kasaï-Kamonia : des barrières illégales et des taxes imposées aux motards indignent la population

La commune rurale de Kamonia, dans le territoire de Tshikapa (province du Kasaï), fait face à une vive tension sociale liée à l’érection de barrières jugées illégales et à l’imposition de taxes non réglementaires aux motards.

Selon plusieurs témoignages recueillis sur place, des agents de la Police de Circulation Routière (PCR) exigeraient des montants variant entre 10 000 et 15 000 francs congolais à chaque motard traversant la commune. Cette perception, communément appelée « relance de la moto », suscite une vive inquiétude parmi les conducteurs et les populations locales, notamment les wewa.

« On nous demande 15 000 FC à chaque passage. Si tu refuses, ta moto est directement saisie et amenée au bureau de la PCR », déplore un motard de Kamonia.

Ces pratiques seraient intervenues dans un contexte déjà tendu, à la suite d’un accident tragique ayant causé la mort de cinq personnes. Selon certaines sources locales, cet incident impliquerait un véhicule attribué à l’administrateur du territoire, Nico Ngenze Kintambala.

Depuis ce drame, les familles des victimes dénoncent un manque de communication officielle et l’absence de réparation, ce qui alimente davantage la frustration au sein de la population.

Par ailleurs, des informations concordantes indiquent que cette collecte de fonds serait liée à une initiative visant à réhabiliter la résidence officielle de l’administrateur, endommagée lors de manifestations de colère consécutives à cet accident.

« Il nous est dit que cet argent doit servir à réparer la résidence de l’autorité territoriale, saccagée par des motards en colère », confie une source proche du dossier.

Face à cette situation, les habitants de Kamonia dénoncent des pratiques assimilées à de la corruption et à un abus de pouvoir.

Ils appellent à une intervention urgente des autorités provinciales et nationales afin de mettre fin à ces tracasseries et de rétablir l’ordre légal.

La population exige notamment plus de transparence, des explications claires sur la gestion de cette affaire, ainsi que des mesures concrètes pour garantir la sécurité et le respect des droits des usagers de la route.

Dans un climat déjà fragilisé par les difficultés socio-économiques, cette affaire vient raviver les tensions entre la population et certaines autorités locales, posant une fois de plus la question de la gouvernance et du respect de la loi dans les entités territoriales.

✍🏽 Par Chevalier Mukanzu

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