Le dossier de la délocalisation du Centre Agricole pour la Production des Semences Améliorées (CAPS) de Kongolo vers Moba prend une tournure politique. Le député national Kisimba Mbwizya Toussaint hausse le ton et s’oppose frontalement à cette décision du ministère de l’Agriculture.
Dans une motion d’information déposée ce jeudi au Bureau de l’Assemblée nationale, l’élu de Kongolo alerte sur les risques d’une telle mesure, qui provoque déjà de fortes tensions au sein de la population locale.
Pour le député, il ne s’agit pas d’un simple transfert administratif. Il rappelle que le centre, implanté depuis 1942, constitue un héritage stratégique pour la production agricole. Doté d’infrastructures solides et d’équipements adaptés, le CAPS de Kongolo joue un rôle clé dans la production de semences améliorées.
Au-delà de la production, le site est aussi un pôle de formation. Il accueille un Institut Technique Agricole formant des agronomes A2 ainsi que l’ISEA/Kaseya, chargé de former des ingénieurs agronomes A1. Un dispositif que Kisimba considère comme essentiel pour soutenir la relance agricole dans toute la région.
En face, le ministère de l’Agriculture justifie sa décision par l’état dégradé des routes menant à Kongolo, jugé incompatible avec les exigences logistiques du centre.
Un argument que le député balaie. Il insiste sur la position géographique du site, qu’il décrit comme un carrefour reliant le Tanganyika et la Lomami. À ses yeux, déplacer le CAPS reviendrait à sacrifier un outil fonctionnel au profit d’un projet qu’il juge incertain.
Kisimba va plus loin et évoque une perte grave pour la communauté locale. Il parle d’un « gaspillage d’un patrimoine historique » et d’une décision incomprise par la population, qui y voit une remise en cause des efforts de développement en cours.
Sur le plan agricole, l’élu met en avant la richesse des sols de Kongolo. Les terres, à la fois fertiles et diversifiées, permettent la culture de produits stratégiques comme le maïs, le manioc, le riz ou encore l’arachide. Selon lui, ces atouts ont largement contribué à faire de Kongolo un véritable bassin de production agricole.
Face à la montée des inquiétudes, le député propose une série de mesures notamment de suspendre la délocalisation, de moderniser les installations existantes, de maintenir le centre à Kongolo et envoyer une mission parlementaire pour évaluer objectivement la situation.
Au cœur du débat, une question majeure à savoir : faut-il déplacer un outil agricole historique ou investir pour le renforcer ? Pour Kisimba, le choix est clair.
Le CAPS reste, rappelle-t-il, un levier essentiel pour améliorer les rendements agricoles et lutter durablement contre l’insécurité alimentaire.
✍🏽 Par Timothée Kayembe



