Le rejet par l’Assemblée nationale de la motion de défiance visant le Vice-Premier ministre de l’Intérieur et de la Sécurité continue d’alimenter le débat politique. Le député national Patrick Munyomo est sorti de son silence pour justifier sa position et pointer les failles qui, selon lui, ont fragilisé cette initiative.
S’exprimant devant la presse, l’élu de Goma affirme que l’examen de la motion a révélé « plusieurs irrégularités majeures, tant sur la forme que sur le fond ».
Il soutient notamment que certaines exigences procédurales prévues par le règlement intérieur de la Chambre basse n’ont pas été respectées.
Au-delà des questions de forme, Patrick Munyomo met en cause le contenu même du texte, qu’il juge entaché de « faiblesses juridiques évidentes ». « Nous ne pouvons pas soutenir une démarche qui ne respecte ni les normes établies par notre règlement intérieur ni les principes juridiques fondamentaux », a-t-il déclaré.
Pour le député du Nord-Kivu, la solidité d’une initiative parlementaire repose avant tout sur sa conformité aux règles. Cette rigueur constitue, selon lui, « une condition essentielle pour garantir la crédibilité de l’action législative ».
Il estime également que les irrégularités relevées auraient pu entacher la légitimité de la motion et créer « un précédent dangereux » au sein de l’Assemblée nationale. D’où son appel à privilégier des démarches « rigoureuses et conformes au droit » afin d’assurer un contrôle efficace de l’action gouvernementale.
Tout en réaffirmant son attachement au rôle de contrôle du Parlement, Patrick Munyomo exhorte ses collègues à « faire preuve de responsabilité et de rigueur » dans l’initiation des motions, dans le but de préserver la stabilité institutionnelle et le respect des procédures démocratiques.
Le rejet de cette motion intervient dans un contexte politique déjà tendu, marqué notamment par les enjeux sécuritaires dans l’Est du pays. Il relance ainsi le débat sur la qualité des initiatives parlementaires et sur la nécessité d’un strict respect des règles encadrant leur recevabilité.
✍🏽 Par Timothée Kayembe



