En République démocratique du Congo, la proposition de loi encadrant l’organisation du référendum a franchi une première étape à l’Assemblée nationale. Présenté par le député Paul Ngondakoy, le texte a été jugé recevable lors de la plénière du 30 avril.
Cette avancée parlementaire suscite une vive controverse dans un climat politique déjà tendu autour des questions constitutionnelles.
Dans l’opposition, plusieurs voix dénoncent une initiative qui, selon elles, pourrait ouvrir la voie à une remise en cause indirecte de la Constitution.
L’ancien député Delly Sessanga met en garde contre un processus qu’il juge risqué pour l’équilibre institutionnel, estimant qu’il pourrait contourner les mécanismes normaux de révision constitutionnelle. Il appelle à la vigilance citoyenne afin de préserver les principes de l’État de droit.
Même lecture critique du côté de la plateforme Lamuka. Son porte-parole, Prince Epenge, estime que cette démarche vise à fragiliser les garde-fous constitutionnels, notamment l’article 220 relatif à la limitation des mandats présidentiels, qu’il considère comme intangible.
Pour l’opposition, cette proposition s’inscrit dans une dynamique plus large de recomposition institutionnelle aux contours encore flous, mais aux enjeux politiques majeurs.
En face, les initiateurs du texte défendent une réforme technique destinée à combler un vide juridique. Ils affirment vouloir moderniser le cadre légal du référendum, en renforçant son organisation, la gestion des contentieux électoraux et les mécanismes de transparence.
Le projet prévoit également un durcissement des dispositions pénales afin de garantir la crédibilité du processus référendaire. Ce débat intervient alors que d’autres initiatives similaires émergent au sein de la majorité parlementaire, traduisant une montée progressive des discussions autour de la question référendaire au cœur de la scène politique congolaise.
✍🏽 Par Joël T.



