À l’occasion de la Fête du Travail, Sonny Mutombo Mutala, acteur politique congolais et leader de la jeunesse, dresse un constat sans complaisance : en République démocratique du Congo, célébrer le travail contraste violemment avec la réalité du chômage de masse.
« Il ne suffit pas de célébrer le travail, encore faut-il qu’il existe réellement pour la majorité des jeunes », affirme-t-il.
Les chiffres confirment cette inquiétude. Selon les données disponibles, le taux de chômage des jeunes (15-24 ans) a atteint environ 30 % avec des pics allant jusqu’à 58,5 % à Kinshasa, révélant une situation particulièrement critique en milieu urbain.
Mais ces statistiques ne reflètent qu’une partie du problème. En réalité, la situation est bien plus alarmante :
Le secteur informel domine largement l’économie, ce qui masque le chômage réel. Des experts évoquent un chômage global pouvant atteindre jusqu’à 89 %, en incluant le sous-emploi et les travailleurs précaires.
La création d’emplois reste très faible, estimée à environ 1 % par an, insuffisante face à une population jeune en forte croissance.
Avec une population dont plus de 60 % sont des jeunes, la RDC fait face à une pression démographique énorme sur le marché de l’emploi. Chaque année, des milliers de diplômés arrivent sans débouchés concrets, aggravant frustration et instabilité sociale.
Pour Sonny Mutombo Mutala, cette situation traduit un échec structurel des politiques publiques : « Le véritable problème n’est pas seulement le chômage, mais le manque d’emplois décents, structurés et durables. »
Face à cette crise, il lance un appel direct au gouvernement congolais autour de trois axes prioritaires :
- Renforcer la main-d’œuvre nationale
Mettre en place des politiques actives d’emploi pour absorber la jeunesse et encourager les entreprises à recruter localement. - Investir massivement dans la formation professionnelle
Adapter les programmes aux besoins réels du marché (technique, industriel, numérique), afin de réduire le décalage entre formation et emploi. - Garantir et revaloriser le SMIG
Assurer le respect du salaire minimum pour lutter contre la précarité et offrir des conditions de travail dignes.
Enfin, Sonny Mutombo Mutala insiste sur l’urgence d’une réponse politique forte :
« Une jeunesse sans emploi est une bombe sociale. Il est temps de transformer la fête du travail en véritable engagement national pour l’emploi. »
Dans un pays riche en ressources mais confronté à un chômage massif, le 1er mai ne devrait pas seulement être une célébration symbolique, mais un signal d’alarme pour repenser en profondeur la politique de l’emploi en RDC.
✍🏽 Par Bobo Bolia Trésor



