En marge de la septième édition de KBM 2026 organisée dans la province du Lualaba, Jean Serge Miji, Directeur de cabinet au ministère des Mines, Environnement et Développement durable, a accordé une interview exclusive à la rédaction de Planetemedia.net. Il y dresse un constat sans détour sur les défis structurels du secteur minier congolais et les urgences à traiter pour transformer les richesses naturelles en véritable levier de développement.
Dès l’entame de son intervention, Jean Serge Miji a souligné que cette septième édition du KBM se distingue clairement des précédentes. Selon lui, elle ne se limite plus à des échanges généraux, mais marque une étape de réflexion plus stratégique, orientée vers des solutions concrètes pour le développement du continent africain et de la RDC en particulier.
Il estime que le thème retenu cette année ouvre un espace de réflexion plus approfondi, impliquant l’ensemble des parties prenantes autour des nouvelles stratégies de développement, avec une volonté affichée de dépasser les constats habituels.
« Cette septième édition est spécifique. Le thème choisi donne l’opportunité à toutes les parties prenantes de réfléchir sur de nouvelles stratégies de développement du continent. Il y a une vraie différence avec les éditions précédentes », a-t-il indiqué.
Au-delà du cadre général, Jean Serge Miji a salué la qualité des échanges enregistrés lors des panels, notamment ceux de haut niveau, où plusieurs intervenants ont abordé sans langue de bois les défis majeurs auxquels fait face la République démocratique du Congo dans le secteur minier et dans d’autres secteurs connexes.
Au cœur de son analyse, le Directeur de cabinet a insisté sur la question des infrastructures, qu’il considère comme l’un des principaux freins à la pleine exploitation du potentiel minier du pays.
Il a évoqué les difficultés de transport des minerais, les longues files de camions aux frontières, les retards logistiques ainsi que l’insuffisance des routes adaptées au trafic industriel. Pour lui, ces blocages réduisent considérablement la compétitivité du secteur minier congolais.
« Nous avons un énorme potentiel minier, mais les infrastructures ne suivent pas encore cette dynamique. Il est urgent de les renforcer pour accompagner le flux des matières premières », a-t-il déclaré.
Selon lui, sans infrastructures solides, aucun développement durable du secteur minier n’est possible, car elles constituent la base même de la circulation économique, de l’investissement et de l’industrialisation.
Jean Serge Miji a également insisté sur la nécessité pour la RDC de rompre progressivement avec le modèle basé sur l’exportation des matières premières brutes.
Pour lui, le véritable enjeu est désormais la transformation locale des minerais afin de créer davantage de valeur ajoutée sur le territoire national, mais aussi de générer des emplois durables pour la population.
« Nous ne pouvons plus nous contenter d’extraire et d’exporter. La transformation locale des minerais est indispensable pour que les retombées soient visibles dans nos provinces et profitent réellement aux populations », a-t-il affirmé.
Cette orientation, selon lui, permettrait non seulement de renforcer l’économie nationale, mais aussi de réduire la dépendance aux exportations brutes et de stimuler la création d’unités industrielles locales.
Au-delà du secteur minier, Jean Serge Miji estime que les ressources extractives doivent servir de moteur pour impulser le développement d’autres secteurs stratégiques, notamment l’agriculture, le tourisme, les services et l’entrepreneuriat.
Il a rappelé que plusieurs intervenants ont mis en avant la nécessité de diversifier l’économie congolaise afin de réduire la dépendance excessive aux mines et d’assurer une croissance plus équilibrée.
Dans cette logique, les revenus issus du secteur minier devraient, selon lui, être réinvestis dans des domaines capables de renforcer la sécurité alimentaire et de créer des opportunités économiques durables.
Jean Serge Miji a également mis en avant la problématique du chômage des jeunes, qu’il considère comme un défi majeur pour la stabilité sociale et le développement du pays.
Il estime que les politiques publiques doivent davantage intégrer la jeunesse dans les chaînes de valeur économiques, notamment à travers les investissements dans les infrastructures, l’industrialisation et la diversification des activités productives.
Pour lui, les richesses minières doivent devenir un véritable levier d’insertion socio-économique pour les jeunes Congolais.
S’agissant des attentes autour de cette septième édition de KBM, Jean Serge Miji a souligné que les populations du Lualaba espèrent des résultats concrets et visibles, capables d’améliorer leurs conditions de vie.
Il estime que les conclusions de ces assises doivent impérativement déboucher sur des actions concrètes et mesurables sur le terrain.
En conclusion de son entretien, le Directeur de cabinet au ministère des Mines, Environnement et Développement durable a appelé à une vision plus ambitieuse et plus structurée du développement africain.
Selon lui, l’Afrique dispose de ressources considérables, mais doit impérativement renforcer ses capacités de transformation, ses infrastructures et sa gouvernance économique pour transformer ce potentiel en véritable puissance économique.
✍🏽 Par Bobo Bolia Trésor



