Une vive tension a été signalée jeudi 21 mai dernier dans le territoire de Kamonia, province du Kasaï, après l’intervention controversée de militaires de l’Auditorat de garnison de Tshikapa dans la résidence du chef de groupement Kamba Tshibuyi James Muasumbula, située dans le secteur de l’Entre-Kasaï Luangatshimo.
Selon plusieurs sources locales, les faits seraient liés à un conflit foncier opposant le chef James Muasumbula au chef Kabuma Kamba Tshiwanga autour de la délimitation d’une ferme dénommée « Kwasa Kwasa », abritant un important site d’exploitation artisanale de diamants.
À l’origine du différend, les deux parties revendiqueraient des droits sur cette concession minière et agricole, notamment autour du partage des revenus et des pourcentages liés à l’exploitation du site.
D’après les informations recueillies, le dossier aurait été porté devant l’Auditorat militaire de Tshikapa après des accusations formulées par le chef Kabuma contre son homologue Muasumbula.
Cependant, des habitants dénoncent la manière dont l’intervention aurait été menée. Ils affirment que des militaires lourdement armés se sont rendus à la résidence du chef Muasumbula dans le but de l’interpeller, sans qu’il ne soit préalablement convoqué ou entendu.
Ne l’ayant pas trouvé sur place, les militaires auraient forcé l’accès à certaines pièces de la résidence, allant jusqu’à casser le cadenas de la chambre privée du chef coutumier.
Des proches du chef Muasumbula accusent également certains éléments armés d’avoir saccagé plusieurs biens et emporté des objets de valeur pendant cette opération.
Le chef James Muasumbula dénonce une intervention qu’il qualifie d’irrégulière et exige des explications ainsi que des réparations après les dégâts enregistrés dans sa résidence.
Cette affaire suscite déjà de nombreuses réactions dans cette partie du Kasaï, où les conflits fonciers autour des zones minières restent fréquents et alimentent régulièrement des tensions entre autorités coutumières et acteurs locaux.
Dans plusieurs territoires miniers de la province, les questions liées à la délimitation des terres et au contrôle des ressources artisanales provoquent souvent des rivalités entre communautés et chefs coutumiers.
Face à cette situation, plusieurs voix appellent les autorités provinciales et judiciaires à privilégier le dialogue, la médiation et le respect des procédures légales afin d’éviter une aggravation des tensions dans cette zone sensible.
✍🏽 Par Chevalier Mukanzu



