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Affaire Chebeya-Bazana : la VSV réclame un nouveau procès seize ans après le double assassinat

Seize ans après l’assassinat du défenseur des droits humains Floribert Chebeya et la disparition de son chauffeur Fidèle Bazana, la Voix des Sans Voix (VSV) relance son appel à la justice. À l’occasion de la commémoration du 1er juin, l’organisation a demandé la réouverture du dossier afin que toutes les personnes soupçonnées d’implication dans cette affaire soient entendues par les juridictions compétentes.

Réunie à Kinshasa pour rendre hommage aux deux hommes, la VSV a estimé que les avancées enregistrées ces dernières années dans le traitement judiciaire du dossier demeurent insuffisantes. Selon l’organisation, la justice ne pourra être considérée comme pleinement accomplie tant que le général John Numbi, cité comme principal suspect, n’aura pas comparu devant les tribunaux.

S’exprimant devant la presse, le secrétaire exécutif de la VSV, Rostin Manketa, a souligné que la lutte contre l’impunité exige que les responsabilités soient établies dans cette affaire que l’organisation qualifie de crime d’État. Il a insisté sur la nécessité d’un procès impliquant toutes les personnes susceptibles d’être poursuivies.

Pour la VSV, les réformes récentes de la justice militaire créent désormais un contexte favorable à la tenue d’une nouvelle procédure judiciaire. L’organisation considère que les obstacles qui freinaient auparavant certains dossiers sensibles pourraient être levés grâce aux modifications apportées au Code judiciaire militaire.

Elle attire également l’attention sur la situation de plusieurs personnes déjà détenues dans le cadre de cette affaire, notamment le général Zelwa Katanga, connu sous le surnom de « Djadjidja ». La VSV estime qu’il est nécessaire que leur situation judiciaire soit clarifiée afin d’éviter des détentions prolongées sans décision définitive.

L’organisation rappelle par ailleurs l’importance du témoignage du colonel Paul Mwilambwe, dont les déclarations antérieures avaient permis d’apporter des éléments sur les circonstances du drame. Selon elle, ces informations pourraient contribuer à faire progresser la manifestation de la vérité.

La VSV met aussi en avant l’ordonnance-loi du 31 janvier 2026 révisant certaines dispositions du Code judiciaire militaire. Ce texte autorise, dans certaines circonstances, la désignation de magistrats de grade inférieur pour juger des prévenus de rang supérieur lorsque les magistrats requis ne sont pas disponibles. Pour l’organisation, cette évolution juridique pourrait faciliter l’examen de dossiers complexes impliquant de hauts responsables militaires.

Enfin, la VSV soutient qu’un procès équitable pourrait être organisé même en l’absence physique du principal suspect, l’objectif étant avant tout de permettre à la justice de poursuivre son travail et de lutter contre l’impunité.

Pour rappel, Floribert Chebeya avait été convoqué le 1er juin 2010 à l’Inspection générale de la Police nationale à Kinshasa. Son corps avait été retrouvé le lendemain dans son véhicule à Mitendi, dans l’ouest de la capitale. Fidèle Bazana, qui l’accompagnait, n’a jamais été retrouvé. Malgré plusieurs décisions de justice rendues au fil des années, les proches des victimes continuent de réclamer que tous les auteurs et commanditaires présumés soient identifiés et jugés.

✍🏽 Par Joël T.

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