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Mandat de 7 ans, président élu par le Parlement : l’AFDC-A dévoile son projet de nouvelle République

La coordination des groupes parlementaires et politiques des députés nationaux et sénateurs de l’AFDC-A, se réclamant fidèles au Président de la République, a officiellement déposé le 2 juin 2026 une ambitieuse proposition de révision de la Constitution. Le document, rendu public à Kinshasa, esquisse une profonde refonte de l’architecture institutionnelle de la République démocratique du Congo à travers neuf axes majeurs.

Dans leur argumentaire, les initiateurs estiment que le système politique actuel combine de manière contradictoire des éléments du régime présidentiel et du régime parlementaire. Ils soutiennent que cette configuration institutionnelle a davantage été conçue pour « gérer les égos des leaders politiques » que pour garantir l’efficacité de l’État.

Parmi les réformes phares proposées figure l’instauration d’un régime présidentiel pur, avec un Chef de l’État disposant de la pleine compétence de nommer l’ensemble des membres du gouvernement. Les élus suggèrent également que le Président de la République ne soit plus élu au suffrage universel direct, mais par les députés nationaux et les sénateurs réunis en Congrès, invoquant la nécessité de réduire les coûts électoraux.

Les parlementaires plaident néanmoins pour le maintien du bicaméralisme afin de préserver l’équilibre des pouvoirs. Ils proposent aussi la suppression de la Caisse nationale de péréquation (CNP), qu’ils considèrent comme un mécanisme inspiré des systèmes fédéraux, incompatible avec le caractère unitaire de l’État congolais.

Sur le plan financier, la proposition vise à mettre fin à la retenue à la source de 40 % des recettes nationales au profit des provinces. À la place, les auteurs suggèrent l’affectation de 20 % des recettes générales aux 26 provinces, selon des modalités qui seraient fixées par une loi organique basée sur le principe de solidarité nationale.

Le document préconise également le maintien de la régionalisation des provinces et de la décentralisation des entités territoriales décentralisées (ETD), tout en recommandant que les gouverneurs et vice-gouverneurs soient nommés par le Président de la République parmi des personnalités non originaires des provinces concernées afin de renforcer la stabilité institutionnelle.

Autre innovation majeure : les motions de défiance et de censure initiées dans les assemblées provinciales seraient soumises à un contrôle préalable de l’Inspection générale des finances (IGF) et de la Cour des comptes.

Enfin, les signataires proposent d’allonger le mandat du Président de la République de cinq à sept ans. La même durée serait appliquée aux députés nationaux et aux sénateurs.

Cette initiative intervient alors que le débat sur une éventuelle révision de la Constitution de 2006 continue d’alimenter les discussions politiques à travers le pays. Avec cette proposition, l’AFDC-A ouvre un nouveau front dans le débat institutionnel et relance les interrogations sur l’avenir du système politique congolais.

✍🏽 Par Timothée Kayembe

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