À l’occasion du 26ᵉ anniversaire de la « guerre des Six Jours » de Kisangani, le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege a relancé son appel à la justice pour les milliers de victimes des affrontements qui avaient opposé les armées rwandaise et ougandaise sur le territoire congolais en juin 2000.
Dans une déclaration publiée ce samedi, le médecin congolais a plaidé pour l’ouverture de poursuites judiciaires contre les auteurs présumés de ces crimes ainsi que leurs chaînes de commandement. Selon lui, mettre fin à l’impunité demeure une condition indispensable pour briser le cycle de violences qui continue de déstabiliser l’est de la République démocratique du Congo.
Du 5 au 10 juin 2000, la ville de Kisangani, dans la province de la Tshopo, avait été le théâtre de violents combats à l’arme lourde entre les forces rwandaises et ougandaises. Ces affrontements avaient fait près d’un millier de morts, des milliers de blessés et provoqué d’importantes destructions. Le Rapport Mapping des Nations unies qualifie ces actes de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.
Denis Mukwege a également soulevé la question du devenir des 325 millions de dollars américains accordés à la RDC par la Cour internationale de Justice (CIJ) au titre des réparations dues par l’Ouganda pour les préjudices causés sur le sol congolais.
Le lauréat du Nobel a appelé à des enquêtes indépendantes afin de faire toute la lumière sur les allégations de détournement de ces fonds. Il estime qu’une éventuelle mauvaise gestion de cette indemnisation constituerait une injustice supplémentaire envers les victimes et leurs familles.
Pour rappel, la CIJ avait reconnu en 2005 la responsabilité de l’Ouganda dans le conflit en RDC. Ce n’est toutefois qu’en 2022 que la juridiction internationale avait fixé à 325 millions de dollars le montant des réparations à verser à Kinshasa.
En conclusion, Denis Mukwege a réaffirmé l’urgence de garantir aux victimes leur droit à la vérité, à la justice, à des réparations effectives et à des garanties de non-répétition.
✍🏽 Par Joël T.



