La déchéance du ministre provincial des Mines et de l’Énergie, Jeannot Kazadi, continue de susciter des réactions dans la province du Kasaï. Vingt-quatre heures après le vote intervenu à l’Assemblée provinciale, Stanley Iyoko, jeune notable du territoire de Mweka, estime que la procédure ayant conduit à cette décision est contraire aux dispositions de la Constitution de la République démocratique du Congo.
Réunis en séance plénière ce mercredi 10 juin 2026 à Tshikapa, les députés provinciaux ont examiné une motion visant le ministre Jeannot Kazadi. Selon les résultats annoncés, quatorze députés ont voté en faveur de sa déchéance contre treize opposés, sur un total de vingt-sept élus présents. L’Assemblée provinciale du Kasaï compte toutefois trente-trois membres.
Dans une interview accordée à Planetemedia.net, Stanley Iyoko soutient que ce vote ne respecte pas les exigences prévues par les articles 146 et 198 de la Constitution, lesquels encadrent la responsabilité politique des membres des gouvernements provinciaux devant les assemblées provinciales.
« L’article 146 de la Constitution, rendu applicable aux gouvernements provinciaux par l’article 198, est clair. Une motion de défiance ne peut être adoptée qu’à la majorité absolue des membres composant l’Assemblée provinciale. Dans le cas du Kasaï, cela représente au minimum 17 voix sur 33 », a-t-il déclaré.
Pour ce notable de Mweka, les quatorze voix obtenues lors du vote ne suffisent donc pas à atteindre le seuil constitutionnel requis pour entraîner la déchéance d’un membre du gouvernement provincial.
Stanley Iyoko estime que cette situation soulève des interrogations sur la régularité juridique de la décision prise par l’organe délibérant provincial. Il appelle les acteurs institutionnels à veiller au strict respect des textes légaux afin de préserver la crédibilité des institutions.
« La démocratie repose sur le respect des règles établies et non sur des interprétations circonstancielles susceptibles d’affaiblir nos institutions », a-t-il souligné.
Réaffirmant son attachement à la Constitution et à l’État de droit, il considère que la stabilité des institutions exige que toute décision politique soit prise conformément aux procédures prévues par la loi.
« Le respect de la Constitution n’est pas une option, mais une obligation pour tous les acteurs politiques et institutionnels », a-t-il conclu.
Pour rappel, l’article 146 de la Constitution dispose qu’une motion de défiance n’entraîne la déchéance d’un membre du gouvernement qu’après son adoption à la majorité absolue des membres composant l’Assemblée concernée.
✍🏽 Par Sadam Kapanda Wa Kapanda



