Le Prix Nobel de la paix Denis Mukwege a condamné avec vigueur la dispersion d’un sit-in de l’opposition organisé sur l’esplanade du Palais du Peuple à Kinshasa. Dans une déclaration rendue publique, l’ancien candidat à l’élection présidentielle a dénoncé ce qu’il qualifie de « répression sanglante » d’un rassemblement pacifique destiné à protester contre un projet présumé de révision constitutionnelle.
Selon Denis Mukwege, cette manifestation visait à exprimer le rejet populaire d’une éventuelle modification de la Constitution qui permettrait au président Félix Tshisekedi de briguer un troisième mandat. Il estime que les autorités ont répondu à cette mobilisation par un recours excessif à la force.
Le lauréat du Prix Nobel accuse notamment le pouvoir de s’être appuyé sur les forces de sécurité ainsi que sur la « Force du progrès », un mouvement de militants affilié au parti présidentiel, pour disperser les manifestants. Il dénonce des violences dirigées contre des citoyens et des responsables de l’opposition.
« Il est inacceptable que le régime de Kinshasa mobilise et instrumentalise l’armée, la police et une milice privée du parti présidentiel pour tirer sur des citoyens et brutaliser des leaders de l’opposition », a-t-il déclaré.
Dans son intervention, Denis Mukwege affirme que ces événements traduisent une détérioration du climat politique en République démocratique du Congo. Il évoque un rétrécissement de l’espace démocratique marqué, selon lui, par des pressions croissantes exercées contre les organisations de la société civile, les défenseurs des droits humains et les acteurs de l’opposition.
L’ancien candidat à la magistrature suprême établit également un parallèle avec les tensions politiques qui avaient marqué les dernières années du pouvoir de Joseph Kabila. Il estime que la situation actuelle suscite des inquiétudes quant au respect des principes démocratiques et de l’alternance politique.
Face à ce qu’il qualifie de « dérive dictatoriale », Denis Mukwege appelle à une mobilisation nationale et internationale afin de prévenir ce qu’il considère comme un risque de « coup d’État constitutionnel ». Selon lui, une telle évolution serait susceptible d’aggraver davantage la crise politique et sociale que traverse le pays.
Cette prise de position intervient dans un contexte de vifs débats sur l’avenir institutionnel de la RDC, alors que les tensions entre le pouvoir et l’opposition continuent d’alimenter la scène politique congolaise.
✍🏽 Par Joël T.



