Le Rassemblement des Compagnons d’Étienne Tshisekedi pour le Changement et le Progrès Social (RCET-CPS) est monté au créneau mardi à Kinshasa pour dénoncer ce qu’il qualifie de « comportement puéril » de la coalition C64 lors du sit-in organisé récemment dans la capitale congolaise. Au cours d’un point de presse, cette structure politique proche de l’héritage d’Étienne Tshisekedi a formulé de vives critiques contre l’opposition, l’accusant notamment de violation des accords conclus avec les autorités et de tentative de manipulation de l’opinion publique.
Face aux journalistes, le coordonnateur du RCET-CPS, Jean-Pierre Lisanga Bonganga, a affirmé que la coalition C64 avait obtenu l’autorisation d’organiser son rassemblement au terrain Assosa, dans la commune de Kasavubu. Selon lui, faute d’une mobilisation suffisante, les organisateurs auraient finalement choisi de se diriger vers le Palais du Peuple, siège du Parlement, en contradiction avec les dispositions convenues avec les autorités provinciales.
Le RCET-CPS soutient que cette démarche visait à créer une situation de tension susceptible de dégénérer afin de discréditer les institutions publiques. Le mouvement estime que la stratégie de la coalition a échoué et n’a pas produit les effets escomptés.
L’une des principales controverses évoquées concerne les blessures signalées lors de la manifestation. Le RCET-CPS rejette les accusations faisant état de tirs à balles réelles contre des membres de l’opposition. Selon ses responsables, les blessures recensées seraient plutôt la conséquence de mouvements de foule et de bousculades entre manifestants.
Le regroupement politique affirme également que les dirigeants de la coalition C64 n’ont subi aucune blessure grave et considère que certaines informations diffusées après les événements relevaient davantage d’une tentative de victimisation destinée à attirer l’attention de la communauté nationale et internationale.
Tout en rappelant que le droit de manifester est garanti par la Constitution de la République démocratique du Congo, le RCET-CPS insiste sur la nécessité pour les acteurs politiques de respecter les modalités convenues avec les autorités compétentes.
Concernant les bilans publiés par certaines organisations, notamment l’Église catholique à travers la CENCO, le mouvement indique préférer attendre les conclusions des enquêtes officielles avant de se prononcer définitivement sur les circonstances des incidents survenus lors du sit-in.
Au-delà des incidents liés à la manifestation, le RCET-CPS estime que l’objectif réel de l’action menée par la coalition C64 était d’empêcher l’adoption par le Parlement de la proposition de loi portée par le député national Ngondankoy Nkoy Paul Gaspard sur le référendum.
Le regroupement s’est félicité de l’adoption du texte par les deux chambres du Parlement, y voyant une avancée institutionnelle majeure. Dans son intervention, Jean-Pierre Lisanga Bonganga a salué le travail du député Ngondankoy ainsi que celui des parlementaires congolais, qu’il considère comme une contribution au renforcement de l’État de droit et à la consolidation du processus démocratique en République démocratique du Congo.
Cette nouvelle sortie médiatique illustre la persistance des tensions entre la majorité et certaines forces de l’opposition autour des réformes institutionnelles en cours dans le pays. Alors que les débats sur le référendum continuent d’alimenter la scène politique congolaise, les différentes parties restent engagées dans une bataille de communication où chaque camp tente d’imposer sa lecture des événements récents.
Les résultats des enquêtes annoncées par les autorités pourraient contribuer à éclairer l’opinion sur les circonstances exactes ayant entouré le sit-in controversé de la coalition C64.
✍🏽 Par Timothée Kayembe



