La circulation routière a pris une tournure particulière ce mardi dans le centre-ville de Kananga, au Kasaï-Central. En l’absence des agents de la Police de Circulation Routière (PCR) sur plusieurs points névralgiques, les conducteurs de motos-taxis, appelés communément « Wewa », ont pris l’initiative de réguler eux-mêmes le trafic afin d’éviter le désordre sur les routes.

Du Grand Marché à la Gare, en passant par l’avenue Lulua et le rond-point Notre-Dame, plusieurs témoins ont observé des mototaxis se positionner aux carrefours pour orienter les véhicules et faciliter le passage des usagers.
« Nous ne faisons pas le travail de la police, nous essayons seulement d’éviter les embouteillages et les accidents parce que les agents ne sont pas visibles », explique un conducteur de moto-taxi au carrefour Saint-Clément.
Cette situation intervient au lendemain des incidents ayant opposé des mototaximen aux éléments de la PCR et aux militaires de l’Auditorat militaire du Kasaï Occidental démembré. Les tensions auraient éclaté autour des accusations de tracasseries, notamment liées aux contrôles et aux arrestations des conducteurs de motos sur la voie publique.
Si les circonstances exactes de ces affrontements restent encore à éclaircir, aucun bilan officiel n’a jusque-là été communiqué par les autorités.
Depuis ces événements, la présence des agents de circulation se fait rare sur plusieurs axes de la ville, laissant place à une situation inhabituelle où des citoyens tentent de combler le vide laissé par les services habilités.
Dans les rues de Kananga, les avis sont partagés. Certains habitants saluent l’intervention spontanée des « Wewa », estimant qu’elle permet de maintenir un minimum d’ordre dans la circulation. D’autres, en revanche, craignent les conséquences d’une telle situation.

« Les motards peuvent aider, mais la régulation de la circulation reste une mission de la police. En cas d’accident ou de conflit, qui assumera les responsabilités ? », s’interroge une commerçante du centre-ville.
Pour l’heure, le commandement provincial de la PCR Kasaï-Central n’a pas encore officiellement réagi à cette absence remarquée de ses agents sur le terrain.
Cette situation relance le débat sur la gestion de la circulation urbaine à Kananga et sur les tensions persistantes entre les conducteurs de motos-taxis et les services de sécurité.
✍🏽 Par Gilbert Kabongo



