Le dialogue national inclusif annoncé par Félix Tshisekedi prend une nouvelle tournure. Depuis Paris, Martin Fayulu a posé ses conditions pour la tenue de ces assises, exigeant notamment la participation de l’ancien président Joseph Kabila et de Corneille Nangaa, ancien président de la CENI aujourd’hui à la tête de l’AFC.
Pour le président de , aucune concertation susceptible de déboucher sur une solution durable à la crise congolaise ne peut être crédible si certaines figures majeures du conflit restent en dehors de la table des discussions.
Martin Fayulu estime que Joseph Kabila, au regard de son ancien statut de chef de l’État et de son poids politique, doit être invité à participer au processus. Il souhaite également que les accusations portées contre l’ancien président concernant un prétendu soutien à l’AFC/M23 soient examinées au cours des discussions.
L’opposant réclame aussi la présence de Corneille Nangaa. Ancien président de la CENI, Nangaa est désormais engagé aux côtés de l’AFC/M23. Pour Fayulu, sa participation permettrait notamment de comprendre les raisons de sa rupture avec le pouvoir de Kinshasa et son passage à la rébellion.
Derrière cette exigence, le leader de l’opposition défend un objectif plus large : identifier les causes profondes de la crise congolaise et rechercher une issue fondée sur la vérité, la justice, la réconciliation et la cohésion nationale.
Cette prise de position intervient 24 heures après l’annonce faite par Félix Tshisekedi depuis Libreville. Le chef de l’État a annoncé une prochaine adresse à la Nation au cours de laquelle il devrait préciser les contours de ce dialogue, présenté comme différent des précédentes initiatives de concertation. Aucune date précise n’a toutefois encore été communiquée.
Pendant ce temps, la contestation politique se poursuit. La Coalition Article 64 maintient la pression et appelle à une marche pacifique prévue le 15 septembre, notamment contre le projet de révision constitutionnelle.
Alors que le pouvoir prépare les contours du dialogue, Martin Fayulu vient ainsi de placer la barre haut : pour lui, pas de véritable règlement de la crise sans la présence de ceux qu’il considère comme des acteurs incontournables de la crise congolaise.
✍🏽 Par Timothée Kayembe



