Au moins 596 ex-combattants du groupe Mobondo ont été transférés au centre du Service national de Kanyama Kasese, dans la province du Haut-Lomami, pour y suivre des formations professionnelles en vue de leur réinsertion dans la vie civile.
L’annonce a été faite lundi 17 août à Kinshasa par Éliezer Ntambwe, ministre délégué près le ministre de la Défense nationale chargé des Anciens combattants, lors d’un point de presse conjoint avec le ministre de la Communication et des Médias.
Cette opération s’inscrit dans la stratégie du gouvernement visant à ramener la paix dans les zones affectées par le phénomène Mobondo, notamment dans le Grand Bandundu, le Kongo-Central et Kinshasa. L’objectif affiché est d’amener les combattants encore actifs à déposer les armes, sortir de leurs cachettes et reprendre une vie civile.
« Le chef de l’État ne m’a pas confié la mission d’aller mettre les gens en prison », a déclaré Éliezer Ntambwe.
La démarche gouvernementale repose ainsi sur trois étapes : sensibilisation, désarmement et réinsertion. Selon le ministre, 146 armes ont déjà été récupérées et remises au vice-Premier ministre chargé de la Défense nationale, avant leur transmission à la logistique des FARDC.
Tous les ex-combattants n’auraient toutefois pas encore rejoint le dispositif. Certains restent cantonnés dans différentes localités, tandis que d’autres se trouvent encore à Kinshasa.
À Kanyama Kasese, les 596 ex-Mobondo doivent bénéficier d’un encadrement civique et de formations professionnelles susceptibles de leur permettre d’exercer un métier et de retrouver progressivement leur place dans la société.
Le site a déjà servi à plusieurs opérations de ce type. En avril 2024, 1 600 anciens « Kuluna » avaient notamment reçu leurs brevets après deux années de formation, avec l’objectif d’être déployés dans différentes provinces pour participer aux travaux de reconstruction.
Le transfert de ces 596 ex-combattants intervient après plusieurs opérations de reddition. En février 2026, environ 600 ex-Mobondo avaient déjà été transférés vers Kanyama Kasese après leur reddition à Kwamouth, Maluku et dans le Kwango.
À cette époque, Éliezer Ntambwe avait expliqué que certains ex-combattants souhaitaient intégrer les forces armées, mais qu’ils devaient d’abord passer par le Service national.
La stratégie gouvernementale repose, selon lui, sur deux leviers : la négociation pour obtenir la pacification et, en cas de refus, le recours à la force.
Le ministre a également livré sa lecture des origines de la crise Mobondo. Contrairement à la perception d’un affrontement entre communautés, il estime que le phénomène trouve principalement son origine dans des conflits fonciers.
« Il n’y a pas eu du tout un problème entre les deux communautés. Il y a un problème foncier », a-t-il déclaré, selon Radio Okapi.
Avec ces nouveaux transferts, le gouvernement veut donc franchir une nouvelle étape : faire passer les ex-combattants des armes aux métiers, du maquis à la vie civile et de la violence à la reconstruction.
Reste le principal défi : faire en sorte que la formation dispensée à Kanyama Kasese ne constitue pas seulement un cantonnement temporaire, mais débouche sur une réinsertion durable et contribue réellement à la stabilisation des zones touchées par le phénomène Mobondo.
✍🏽 Par Sephora M.



