À shomberwa, dans le territoire de Kambove, la Compagnie Minière de Tondo (CMT) accélère les travaux de construction de son usine de transformation du cuivre. Lancé il y a environ deux mois, le chantier prend progressivement forme. Les responsables du projet annoncent une entrée en production dans les prochaines semaines.
Casques de sécurité sur la tête, bottes aux pieds et équipements de protection appropriés, les ingénieurs sont à pied d’œuvre.
Sur le site de Shomberwa, les équipes travaillent sans relâche pour donner naissance à une infrastructure industrielle appelée à transformer localement le cuivre extrait des mines de la compagnie.
Le chantier est encore jeune, mais les premières infrastructures sont déjà visibles.
Pour Sylvain Mwanga, chef du projet, les travaux évoluent conformément aux prévisions et l’entrée en production pourrait intervenir dans environ un mois.
« L’évolution du projet est positive. Nous sommes à pied d’œuvre et nous avançons normalement. Si tout se déroule comme prévu, l’usine pourra entrer en production dans environ un mois », explique Sylvain Mwanga.
À Shomberwa, la CMT ne veut pas simplement construire une usine de cuivre.
Le projet prévoit un véritable complexe industriel avec plusieurs unités complémentaires, notamment une installation de production d’acide sulfurique, une unité d’oxygène ainsi qu’une centrale destinée à la production d’électricité.
Une architecture qui doit permettre à l’entreprise de maîtriser plusieurs maillons de sa chaîne de production.
Sylvain Mwanga explique que cette organisation répond à une volonté de renforcer l’intégration industrielle du projet.
« L’objectif est de mettre en place un circuit industriel intégré. Nous voulons pouvoir assurer plusieurs étapes nécessaires au fonctionnement de l’usine et améliorer notre capacité de production », précise le chef du projet.
Les minerais qui alimenteront l’usine proviendront exclusivement des exploitations minières de la CMT.
L’entreprise entend ainsi rapprocher l’extraction de la transformation, afin de créer davantage de valeur ajoutée directement sur le territoire congolais.
Sur le terrain, les équipes techniques assurent que les différentes étapes du processus industriel sont déjà pensées.
Daniel Mujimwino, superviseur du projet, détaille l’organisation du circuit de production.
« Le circuit de production est clairement défini. Le minerai provenant de nos exploitations va alimenter l’usine et suivre les différentes étapes prévues jusqu’à l’obtention du produit fini », explique Daniel Mujimwino.
Cette organisation doit permettre à la CMT de contrôler davantage son processus de production, depuis l’exploitation minière jusqu’à la transformation.
Une stratégie qui s’inscrit dans le débat actuel sur la nécessité de transformer davantage les minerais en RDC avant leur commercialisation.
Autre particularité mise en avant par les responsables du projet Shomberwa est présenté comme un investissement porté par un entrepreneur congolais.
Pour Sylvain Mwanga, cette dimension constitue une source de fierté et démontre que les capitaux et les compétences congolais peuvent également contribuer au développement de l’industrie minière.
« C’est un projet porté par un Congolais. Cela démontre que nous avons aussi des compétences et des investisseurs capables de développer de grands projets industriels dans notre pays », souligne Sylvain Mwanga.
Au-delà de l’usine, les promoteurs misent surtout sur les retombées économiques et sociales.
La construction et la future exploitation de l’usine devraient générer des emplois directs et indirects.
Les jeunes de Kambove et des territoires environnants sont particulièrement concernés par cette perspective.
Pour les responsables de la CMT, Shomberwa doit donc être davantage qu’une infrastructure industrielle.
C’est également un projet destiné à créer des opportunités économiques autour de l’activité minière.
« Avec la mise en service de l’usine, nous espérons créer plusieurs emplois directs et indirects. Nous voulons que les populations locales puissent également bénéficier de cette activité », fait savoir le responsable du projet.
L’autre question qui accompagne tout projet minier reste celle des relations avec les communautés locales.
Sur ce point, Daniel Mujimwino affirme qu’un cahier des charges existe déjà.
« Le cahier des charges avec les communautés impactées a été signé. Il reprend les engagements pris au bénéfice des populations concernées par les activités de l’entreprise », confirme le superviseur.
Une déclaration qui place désormais la CMT devant l’obligation de traduire ces engagements en réalisations concrètes sur le terrain.
Shomberwa constitue seulement l’une des étapes de la stratégie de développement de la compagnie.
Après Kambove, les regards se tournent notamment vers Kahongo, où la CMT détient huit carrés sur le PE 535, mais aussi vers Kolwezi, où l’entreprise est engagée dans un processus de délocalisation.
La montée en puissance de Shomberwa intervient donc dans un contexte où la compagnie cherche à développer ses activités sur plusieurs fronts.
À Shomberwa, le chantier continue de progresser.
Les engins, les ingénieurs et les ouvriers donnent progressivement forme à une infrastructure qui pourrait changer l’échelle des activités de la compagnie.
Pour CMT, le message est désormais clairement affiché : extraire le cuivre, mais surtout le transformer localement et créer davantage de valeur en République démocratique du Congo.
Le pari est également social , créer des emplois, développer les activités autour du site et respecter les engagements pris envers les communautés.
Si le calendrier annoncé par les responsables est maintenu, Shomberwa pourrait entrer en production dans les prochaines semaines.
De Kambove à Kahongo, jusqu’à Kolwezi, la CMT veut ainsi ouvrir un nouveau chapitre de son développement : celui d’une compagnie minière qui ne se contente plus d’extraire le minerai, mais ambitionne de participer directement à sa transformation sur le sol congolais.
✍🏽 Par Jean-Claude Mukenga



