L’arrestation de Madame Denise Dusauchoy continue de susciter de nombreuses réactions au sein de la classe politique et de l’opinion publique au Kasaï. Dans un contexte marqué par des prises de position parfois passionnées, le ministre provincial du Budget et porte-parole du Gouvernement provincial du Kasaï, Bazin Pembe, appelle à privilégier une lecture juridique, responsable et dépassionnée de cette affaire.
Dans une publication sur son compte X, le ministre provincial estime que cette arrestation offre l’occasion de revenir sur les fondamentaux du Droit international humanitaire (DIH) et sur les mécanismes prévus pour sanctionner les violations de ce droit.
« L’arrestation de Madame Denise me pousse à réfléchir sur le droit international humanitaire (DIH). Afin d’assurer le respect du DIH, les États doivent mettre en place des mécanismes permettant de sanctionner les violations de ce droit », écrit-il.
Bazin Pembe insiste notamment sur l’importance de la coopération entre États dans la répression des violations du DIH. Il relève que les différentes personnes susceptibles d’être impliquées dans une procédure accusés, victimes ou témoins peuvent être de nationalités différentes et se trouver dans plusieurs pays.
Il souligne également que les violations les plus graves du droit international humanitaire sont susceptibles de porter atteinte à la communauté internationale dans son ensemble. À cela s’ajoute une difficulté majeure : les éléments de preuve nécessaires à l’établissement des faits peuvent se trouver sur le territoire d’un État différent de celui qui mène les poursuites.
Pour le porte-parole du gouvernement provincial, ces réalités rendent indispensables les mécanismes de coopération judiciaire internationale. Il rappelle notamment l’existence de procédures telles que l’extradition et le transfert de détenus, l’entraide judiciaire entre États, ainsi que la coopération avec les Tribunaux pénaux internationaux ad hoc et la Cour pénale internationale (CPI).
« C’est dans cet esprit que l’affaire Denise Dusauchoy doit être analysée, loin des émotions et des manipulations politiciennes. Que la justice, qu’elle soit nationale ou internationale, fasse son travail dans le respect des conventions que la RDC a librement ratifiées », a-t-il martelé.
Cette prise de position intervient alors que l’arrestation de Denise Dusauchoy alimente largement les débats sur les réseaux sociaux. En appelant à dépasser les réactions émotionnelles, Bazin Pembe plaide pour que les faits soient examinés dans leur cadre légal et que les responsabilités éventuelles soient établies par les instances judiciaires compétentes.
Pour lui, au-delà des considérations politiques et des débats publics, la justice doit pouvoir suivre son cours, dans le respect du droit national et des engagements internationaux souscrits par la République démocratique du Congo.
✍🏽 Par Sadam Kapanda Wa Kapanda



