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RDC : Kabuya contre-attaque, la C64 rattrapée par ses propres images, l’UDPS prépare le choc de la correction ce 22 septembre

Le décor politique congolais se tend davantage. Après la mobilisation de la Coalition Article 64 du 15 septembre, le duel entre le pouvoir et une partie de l’opposition change de rythme, de ton et surtout de terrain. Face à une C64 qui entend maintenir la pression contre tout projet de changement de la Constitution, l’UDPS/Tshisekedi a choisi de répondre par une offensive politique assumée. Au centre de cette contre-attaque, l’honorable Augustin Kabuya, qui a repris la parole devant la base de son parti avec un message clair : pour l’UDPS, la bataille ne se gagnera ni par les seuls slogans ni par les réseaux sociaux, mais par la capacité à mobiliser réellement sur le terrain.

Jeudi 17 septembre, le secrétaire général et président intérimaire de l’UDPS n’a donc pas mâché ses mots. Revenant sur la marche organisée deux jours plus tôt par la C64, le patron du parti présidentiel a contesté son ampleur et réduit sa portée politique. Il a parlé d’une « poignée d’individus », d’une opposition qui, selon lui, fonctionnerait essentiellement à travers « les réseaux sociaux et les manipulations », allant jusqu’à affirmer que « les policiers étaient plus nombreux que les manifestants ». Des déclarations qui traduisent la volonté du numéro un intérimaire de l’UDPS de retirer à cette mobilisation la portée populaire que ses organisateurs entendent lui donner.

Mais la riposte du secrétaire général ne s’est pas limitée aux chiffres de la manifestation. C’est ici que les images présentées devant les militants viennent changer la nature du débat. Certaines séquences ont été présentées comme montrant des individus associés à la C64 s’en prenant notamment au commerce d’une femme, tandis que d’autres scènes font apparaître des menaces et des confrontations avec des personnes présentées comme proches de l’UDPS. Pour le camp présidentiel, ces images posent une question embarrassante à la coalition d’opposition : comment revendiquer une mobilisation au nom de la population tout en étant associée, dans les scènes présentées, à des comportements qui auraient porté préjudice à certains citoyens ? L’affiliation des personnes visibles et le contexte exact de chaque séquence doivent toutefois être établis au-delà des images elles-mêmes.

Et justement, l’UDPS ne veut plus laisser ce terrain à ses adversaires. Après avoir contesté leur mobilisation, le parti présidentiel prépare sa propre démonstration de force. Le rendez-vous est fixé au mardi 22 septembre. Des marches sont annoncées à travers le pays, avec une mobilisation prévue dans les 26 chefs-lieux de province et les 145 territoires. Le mot d’ordre porte notamment sur le soutien aux institutions de la République, à la loi référendaire et au dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi.

Ainsi, le 22 septembre ne sera pas simplement une nouvelle date dans le calendrier politique. Il apparaît déjà comme la réponse directe du parti présidentiel à la démonstration de rue de la C64. Après avoir été attaquée sur son ampleur, la coalition d’opposition sera désormais observée sur sa capacité à maintenir sa mobilisation, tandis que l’UDPS devra, elle aussi, transformer ses annonces en présence effective sur le terrain.

C’est dans cette perspective que le président a.i. de l’UDPS a enclenché, ce vendredi 18 septembre, une nouvelle phase de préparation. Des formations politiques alliées, des représentants de la société civile, des confessions religieuses, des mouvements associatifs et estudiantins ainsi que des leaders d’opinion ont été conviés à une réunion consacrée à l’organisation de la mobilisation. Le message est désormais celui d’un élargissement du dispositif au-delà des seuls militants de l’UDPS.

Pendant ce temps, le véritable fond de la confrontation demeure la Constitution. La C64 continue de s’opposer au changement constitutionnel et soutient que le processus engagé pourrait avoir des conséquences sur les règles relatives aux mandats présidentiels. Elle redoute notamment qu’une nouvelle Constitution ouvre la voie à une candidature de Félix Tshisekedi au-delà de 2028. Le camp présidentiel rejette cette interprétation et défend, de son côté, le processus référendaire ainsi que la nécessité de faire évoluer le cadre institutionnel.

Au cœur de cette bataille figure également la proposition de loi fixant les modalités d’organisation des référendums en RDC. C’est donc sur un terrain institutionnel particulièrement sensible que se déploie désormais le rapport de force politique. Derrière les manifestations, les discours et les accusations croisées, c’est le futur cadre constitutionnel du pays qui est au centre de la confrontation.

Mais comme si le débat constitutionnel ne suffisait pas, l’honorable Augustin Kabuya a ouvert un autre front , celui du leadership. Le patron de l’UDPS a dénoncé ce qu’il présente comme un manque de leadership cuisant au sein de la C64, tout en rejetant les spéculations déjà ouvertes autour de la succession de Félix Tshisekedi.

Sa formule a d’ailleurs marqué les esprits : « On ne peut pas parler d’un dauphin alors que le roi est encore sur le trône. » Une manière, pour le président intérimaire du parti présidentiel, de rappeler que le débat sur la succession ne devrait pas, selon lui, prendre le pas sur les enjeux politiques immédiats. Dans le même mouvement, cette sortie renvoie la C64 à la question de son propre leadership : qui porte véritablement son projet, quelle vision commune rassemble ses différentes figures et quelle capacité possède-t-elle à transformer son opposition au pouvoir en véritable dynamique politique nationale ?

De ce point de vue, le face-à-face entre les deux camps dépasse désormais la seule question de la Constitution. Il devient également une bataille de crédibilité, d’organisation et de capacité à convaincre la population. La C64 veut apparaître comme le rempart contre un changement de la Loi fondamentale ; l’UDPS entend, elle, démontrer qu’elle dispose d’une capacité de mobilisation largement supérieure et que son projet de réforme bénéficie d’un soutien populaire.

La réponse du parti présidentiel est donc déjà engagée. Après les déclarations de son secrétaire général, après les images présentées devant sa base et après les consultations lancées pour préparer la mobilisation, l’UDPS veut désormais faire parler la rue. Le 22 septembre sera, à ce titre, un moment particulièrement observé.

La C64 a ouvert un front dans la rue le 15 septembre. L’UDPS entend lui répondre le 22. Entre les deux dates, le débat constitutionnel s’est transformé en véritable bras de fer politique. Et dans cette nouvelle bataille, chacun devra désormais démontrer sur le terrain la force qu’il revendique dans les discours.

✍🏽 Par Bobo Bolia Trésor

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