L’ancien ministre de la Pêche et de l’Élevage, Adrien Bokele Djema, est sorti de son silence après le passage de son successeur Jean-Pierre Tshimanga Buana au Panel de redevabilité de la RTNC, le 14 septembre 2026. La controverse porte sur les conditions d’acquisition et la non-mise en service de plusieurs bateaux de pêche commandés par l’État congolais. Dans une mise au point publiée le 16 septembre, la cellule de communication du ministère avait toutefois précisé que Tshimanga Buana n’avait jamais déclaré que son prédécesseur avait fait perdre 15 millions de dollars à l’État ni que les bateaux étaient non fonctionnels.
Dans une interview nous accordée, Adrien Bokele, aujourd’hui député national élu de Dekese, conteste fermement les critiques sur les caractéristiques techniques des navires acquis sous son mandat. Il affirme que le processus a été précédé d’études techniques et soumis aux procédures de contrôle des marchés publics. « Toutes les spécifications techniques ont été soumises au contrôle a priori de la Direction Générale du Contrôle des Marchés Publics (DGCMP) avant l’attribution des marchés à des chantiers navals internationaux de premier plan en Espagne et en Turquie », soutient-il.

L’ancien ministre estime que les difficultés actuelles ne peuvent être réduites à la conception des bateaux. Selon lui, la mise en exploitation d’une flotte exige des infrastructures d’accompagnement comme la formation des équipages, les moyens frigorifiques et les chambres froides. « Comment expliquer qu’il avait fallu attendre près de quatre ans, à l’approche du bilan d’étape du mandat, pour découvrir de prétendus défauts de conception sur des équipements reçus et validés par leurs propres services ? », s’interroge-t-il, plaidant pour une lecture prenant en compte l’ensemble de la chaîne de valeur halieutique et la continuité de l’action de l’État.
✍🏽 Par Timothée Kayembe



