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RDC : une guerre imposée, une diplomatie éprouvée, une Afrique face à son propre silence!

La visite de Félix Tshisekedi à Luanda, ce lundi 5 janvier 2026, dépasse largement le cadre d’un simple échange protocolaire.

En rencontrant João Lourenço, président de l’Angola et président en exercice de l’Union africaine, le chef de l’État congolais est allé poser une vérité que plus personne ne peut désormais ignorer : la République démocratique du Congo subit une guerre imposée, entretenue et banalisée sous le regard complaisant de la région et de la communauté internationale.

Alors que les capitales multiplient les sommets et les accords, le terrain, lui, parle un autre langage.

La chute d’Uvira aux mains de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), mouvement que Kinshasa accuse ouvertement d’être soutenu par le Rwanda, marque une escalade stratégique majeure.

Elle démontre l’échec patent des mécanismes actuels de prévention et de règlement des conflits, incapables de contenir une rébellion qui avance à découvert, sans véritable sanction régionale.

L’entérinement des accords de Washington, en présence du président américain Donald Trump, devait ouvrir une nouvelle séquence diplomatique. Il n’a, pour l’instant, offert qu’un répit politique sans impact militaire.

Cette dissonance entre discours diplomatiques et réalités opérationnelles illustre une constante inquiétante, la paix à l’est de la RDC est souvent négociée loin du Congo, mais rarement imposée à ceux qui violent les engagements.

Dans ce jeu géopolitique, la région des Grands Lacs reste prisonnière de ses ambiguïtés.

D’un côté, des déclarations officielles en faveur de la stabilité ; de l’autre, des silences lourds face aux ingérences transfrontalières.

La présidence de l’Union africaine par João Lourenço place désormais l’organisation devant une responsabilité historique, soit elle s’affirme comme un acteur crédible de sécurité collective, soit elle accepte d’être reléguée au rang d’observateur impuissant d’une guerre africaine de plus.

Félix Tshisekedi, en multipliant les consultations régionales de Luanda à Brazzaville, en passant par Washington tente de briser l’isolement stratégique de la RDC. Mais la diplomatie ne peut plus se contenter de formules prudentes.

Le conflit à l’est du Congo n’est pas une crise périphérique, il est un test majeur pour la souveraineté des États, la crédibilité des organisations régionales et la sincérité des partenariats internationaux.

À Luanda, Kinshasa n’est pas allé mendier la paix. Elle est venue exiger la cohérence.

Car tant que les parrains de la déstabilisation ne seront ni nommés ni sanctionnés, la RDC continuera de payer, seule, le prix d’une guerre que beaucoup préfèrent qualifier de « complexe », plutôt que de l’assumer pour ce qu’elle est une agression prolongée aux conséquences régionales.

✍🏼 Par Bobo Bolia Trésor

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