Dix-huit mois après son accession à la tête de la province du Kasaï, le gouverneur Me Crispin Mukendi Bukasa fait face à une contestation de plus en plus marquée de sa gouvernance.
À Tshikapa comme dans les cinq territoires de la province, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer l’absence de réalisations visibles et l’impact jugé quasi inexistant de son action sur le quotidien de la population.
L’une des critiques les plus virulentes émane de Francis Kalala, président national du mouvement citoyen Mwetu Mua Kele.
Dans une déclaration au ton sévère, il qualifie la gouvernance provinciale de « somnambule » et appelle le chef de l’exécutif provincial à tirer les conséquences de ce qu’il considère comme un échec.
« Pendant que j’étais à Kinshasa, je voyais le des rondes, notamment dans des ravins, sans qu’aucune initiative concrète ne soit engagée pour résoudre les problèmes structurels de la province.
Aujourd’hui, la population du Kasaï est convaincue du somnambulisme qui caractérise sa gouvernance », a déclaré Francis Kalala.
L’activiste s’est également montré très critique sur la gestion du projet Tshilejelu, programme phare du chef de l’État censé moderniser les infrastructures urbaines.
« Le gouverneur ne maîtrise ni la teneur ni les aboutissants du projet Tshilejelu. entreprises comme Safrimex, Toha et d’autres ont été entraînées dans une aventure confuse, manipulée par le gouverneur lui-même. Qu’il trouve le courage de démissionner. J’avais prédit cette situation et j’étais traité de tous les noms. Aujourd’hui, je suis un prophète mal compris », a-t-il martelé.
Ces déclarations font écho aux griefs exprimés par plusieurs structures de la société civile, qui dressent un tableau alarmant de la situation dans la province.
Elles dénoncent notamment l’absence totale de progrès dans les infrastructures routières, alors que, dans le cadre du projet Tshilejelu, pas même un centimètre de voirie n’a été asphalté à Tshikapa.
La société civile pointe également une insécurité persistante dans l’ensemble des territoires, sans réponses concrètes ni mesures dissuasives visibles de la part des autorités provinciales.
À cela s’ajoute le manque criant d’eau potable dans les communes de Mbumba et Mabondo, une situation qui dure depuis plus de cinq ans.
D’autres dossiers sensibles restent également en souffrance, notamment la route Tshikapa-Kandjaji, toujours inachevée, le fonctionnement précaire des ministères provinciaux, souvent réduits à des bureaux à domicile, ainsi que le non-paiement des agents de l’administration provinciale depuis plus de dix mois.
Face à cette accumulation de problèmes, la pression s’intensifie sur le gouverneur Crispin Mukendi, alors qu’une frange croissante de l’opinion publique s’interroge sur sa capacité à impulser une dynamique de développement et à répondre aux attentes légitimes de la population kasaïenne.
✍🏼 Par Sadam Kapanda Wa Kapanda



