La cité de Bukama, dans la province du Tanganyika, a été le théâtre de violents affrontements armés ce dimanche matin entre les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et des présumés éléments armés Maï-Maï/Bakata Katanga provoquant un lourd bilan humain et une vive panique au sein de la population.
Selon l’administrateur du territoire de Bukama, M. Amadou Kalenga Wanonda, les autorités territoriales avaient été informées à l’avance de l’arrivée d’un renfort militaire destiné à renforcer la sécurité dans la zone.
Une rencontre protocolaire était prévue avec les responsables locaux afin de présenter les civilités avant l’orientation des militaires vers leurs positions.
« Nous attendions les responsables ce matin pour les civilités, mais soudain, nous avons entendu le crépitement des balles », a déclaré l’administrateur du territoire.
D’après les autorités territoriales, les militaires ont été attaqués par des éléments se réclamant des groupes Maï-Maï, déclenchant un affrontement armé à proximité immédiate du marché, un lieu très fréquenté.
Le bilan provisoire fait état de six miliciens neutralisés et de deux civils touchés, victimes de balles perdues.
Plusieurs autres personnes ont été blessées et sont actuellement hospitalisées, avec une prise en charge qui devrait être assurée par les autorités provinciales.
L’administrateur du territoire a tenu à démentir formellement les rumeurs faisant état de la présence des rebelles du M23 à Bukama.
« Les militaires déployés n’étaient pas venus pour une opération de combat, mais pour renforcer l’effectif sécuritaire à Bukama. Ils étaient au nombre de 60 et provenaient d’une base militaire », a-t-il précisé.
Il explique que la situation aurait dégénéré à la suite de la diffusion, sur les réseaux sociaux, de photos des militaires prises à Kabondo, alors qu’ils faisaient route vers Bukama et Malemba.
Ces images ont semé la panique au sein des groupes armés locaux, qui auraient cru à une attaque imminente et ouvert le feu les premiers.
À l’heure actuelle, la situation est calme et sous contrôle, rassure l’administrateur du territoire.
Des barrières de sécurité ont été érigées, des contrôles systématiques sont en cours et un déploiement supplémentaire des FARDC est attendu dans les prochaines heures, sur instruction de la hiérarchie militaire.
« Contrairement aux spéculations sur les réseaux sociaux, il ne s’agit nullement du M23. Ce sont des groupes Maï-Maï/ Bakata katanga qui ont attaqué les forces loyalistes », a-t-il insisté.
Cet incident met une fois de plus en évidence l’impact dangereux des rumeurs et de la désinformation dans un contexte sécuritaire déjà fragile dans le Tanganyika.
Les autorités appellent la population au calme, à la vigilance et à la collaboration avec les forces de sécurité.
Bukama reste sous surveillance renforcée, pendant que les services de sécurité poursuivent l’évaluation de la situation.
*✍🏼 Par Bobo Bolia Trésor*



