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Sonny Mutombo Mutala interpelle l’État : guerre, dialogue et cinq milliards de dollars, la RDC doit choisir la paix

Sonny Mutombo Mutala, ancien candidat à la députation nationale dans le district de la Tshangu et encadreur de la jeunesse, sort de sa réserve face aux signaux contradictoires envoyés par le gouvernement congolais sur la crise sécuritaire opposant la République démocratique du Congo au Rwanda.

Pour lui, le moment n’est plus aux discours parallèles, mais à la responsabilité politique et à la clarté stratégique.

Selon lui, évoquer publiquement une option de guerre, comme l’a fait Adolphe Muzito, ministre du Budget, en avançant le chiffre de cinq milliards de dollars, ne peut être traité comme une simple hypothèse intellectuelle.

« Lorsqu’un ministre du Budget parle de guerre et chiffre son coût à cinq milliards de dollars, il engage le pays tout entier. Ce sont des mots qui pèsent lourd, parce qu’ils touchent directement aux ressources publiques et à la vie de notre peuple », affirme Sonny Mutombo Mutala.

Il s’interroge ouvertement sur ce que représente une telle somme pour un pays comme la RDC.

Cinq milliards de dollars, rappelle-t-il, c’est l’équivalent de plusieurs programmes sociaux, de la prise en charge de millions d’enfants scolarisés, du paiement régulier des enseignants et de l’amélioration des conditions de vie des forces de sécurité elles-mêmes.

« On ne peut pas parler de milliards pour la guerre sans dire clairement ce que le peuple gagne, ce qu’il risque de perdre et surtout ce qui a déjà été tenté pour éviter d’en arriver là », insiste-t-il.

Dans le même temps, Patrick Muyaya, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, a évoqué la tenue d’un dialogue à Kinshasa.

Pour Sonny Mutombo Mutala, cette déclaration ouvre une autre lecture de la stratégie gouvernementale, mais elle soulève aussi une question essentielle : quelle est la ligne officielle de l’État ?

« Un gouvernement ne peut pas parler de guerre d’un côté et de dialogue de l’autre sans expliquer comment ces deux options s’articulent. La paix se construit avec de la cohérence, pas avec des messages contradictoires », estime-t-il.

L’ancien candidat a la députation nationale à la Tshangu met en garde contre les conséquences d’une communication floue dans un contexte aussi sensible.

À ses yeux, l’ambiguïté stratégique fragilise non seulement la position internationale de la RDC, mais elle alimente aussi l’angoisse des populations et la confusion au sein de la jeunesse, souvent première victime des conflits armés.

« Ceux qui iront au front, ce sont nos enfants. Ceux qui paieront le prix de l’instabilité, ce sont les familles congolaises », rappelle-t-il.

Sonny Mutombo Mutala ne rejette pas la nécessité pour l’État de défendre la souveraineté nationale.

Mais il insiste sur le fait que la force militaire ne peut être envisagée sans une vision politique claire, un cadre diplomatique solide et une transparence totale sur l’utilisation des ressources publiques.

« La paix n’est pas une faiblesse. Elle est un choix stratégique quand elle est préparée, encadrée et défendue avec intelligence », soutient-il.

Pour lui, le véritable enjeu dépasse le débat guerre ou dialogue.

Il concerne la gouvernance, la crédibilité de l’État et le respect dû à un peuple qui a trop souvent payé le prix de décisions prises sans lui.

« La RDC a besoin d’un État qui parle vrai, qui explique, qui assume et qui protège sa jeunesse au lieu de la sacrifier sur l’autel de l’improvisation », martèle-t-il.

En définitive, Sonny Mutombo Mutala appelle le gouvernement à sortir des postures et à assumer un choix clair en faveur de la paix durable, fondée sur la justice, la diplomatie responsable et la défense intelligente des intérêts nationaux.

« La guerre se chiffre en milliards, mais la paix se construit avec de la cohérence. Et aujourd’hui, c’est cette cohérence que le pays attend », conclut-il.

✍🏽 Par Bobo Bolia Trésor

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