Plus de trois ans et demi après la fusillade meurtrière de Kasindi, dans la province du Nord-Kivu, les victimes et leurs familles continuent de réclamer vérité, justice et réparations.
Dans une correspondance adressée à la représentante spéciale intérimaire du secrétaire général des Nations Unies, elles dénoncent une attente interminable et l’absence d’avancées concrètes dans le traitement de ce dossier sensible.
Le document, signé par Richie Lontulungu, directeur exécutif de l’Association congolaise pour la défense du droit à la vérité en mémoire des victimes civiles innocentes (ACDDV-DH), est parvenu à la rédaction de PlanèteMédia.net ce lundi 26 janvier 2026.
Il rappelle que les populations civiles de Kasindi ont été victimes d’une fusillade tragique impliquant des Casques bleus de l’ONU.
« Jusqu’à ce jour, les victimes et leurs familles continuent d’attendre la vérité, la justice et des réparations », souligne la missive.
Les signataires expriment une profonde frustration face au silence persistant autour de cette affaire.
Ils exigent notamment des éclaircissements précis sur deux points majeurs :
L’état des procédures judiciaires: les victimes demandent des informations claires sur l’évolution de l’enquête et sur les actions entreprises depuis l’annonce, par les autorités onusiennes, de l’ouverture d’un procès ;
Le calendrier du procès : l’absence de dates ou d’indications concrètes renforce le sentiment d’abandon et d’injustice ressenti par les familles endeuillées.
Marquées par un traumatisme profond, les victimes affirment vivre dans l’angoisse depuis les faits et espèrent que cet appel suscitera enfin des actes concrets.
Plusieurs familles demeurent sans information sur les suites judiciaires, ni sur les mécanismes de réparation prévus pour compenser les préjudices subis.
La question de la responsabilité des Casques bleus et, plus largement, du rôle de l’ONU en République démocratique du Congo demeure particulièrement sensible.
Le drame de Kasindi met en lumière les difficultés auxquelles se heurtent les victimes lorsqu’elles cherchent justice face à des institutions internationales.
Pour les organisations de défense des droits humains, le respect des droits des victimes est une condition essentielle à la consolidation de la paix, à la réconciliation et à la restauration de la confiance entre les populations locales et les forces internationales présentes dans l’Est du pays.
L’appel pressant des victimes de Kasindi rappelle l’impératif de responsabilité au sein des opérations de maintien de la paix.
Alors que l’attente et la douleur persistent, les autorités concernées sont désormais interpellées pour apporter des réponses claires, crédibles et urgentes à ces revendications légitimes.
✍🏽 Par Sephora M.



