La tension monte entre l’Union des Tshokwé et Lunda du Kasaï (UTLK) et le gouvernement provincial dirigé par Crispin Mukendi Bukasa.
Dans une déclaration rendue publique dimanche dernier, cette organisation communautaire a dénoncé avec fermeté ce qu’elle qualifie d’« exclusion systématique » de ses fils et filles dans les récentes nominations à la tête de certaines institutions clés de la province, notamment au sein du cabinet du Gouverneur et à l’Université de Service Public de Tshikapa (USP/Tshikapa).
Tout en réaffirmant son attachement aux idéaux du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, l’UTLK exprime son indignation face aux arrêtés portant nomination des membres du cabinet provincial et des autorités académiques de l’USP/Tshikapa.
Selon elle, plusieurs cadres Tshokwé et Lunda, pourtant qualifiés et expérimentés, auraient été écartés de manière injustifiée des postes stratégiques.
La communauté estime que ces décisions portent atteinte aux principes d’égalité, de justice et de représentativité, et s’inscrivent, selon elle, dans une logique discriminatoire contraire à l’esprit de cohésion sociale prôné au niveau national.
Face à ces accusations, la Cellule de communication du Gouvernorat du Kasaï a réagi vigoureusement, dénonçant une « déclaration truffée de contrevérités et d’incohérences » attribuée à un groupe se présentant comme chefs coutumiers Tshokwé-Lunda, dont certains seraient inconnus au sein même de leur communauté.
Dans sa mise au point, le Gouvernorat rappelle que la composition du gouvernement provincial et du cabinet du Gouverneur obéit strictement aux lois de la République, lesquelles privilégient la représentativité géopolitique et non tribalo-ethnique.
Les nominations, souligne-t-il, relèvent des équilibres politiques et territoriaux et non d’une répartition sur base communautaire.
La Cellule de communication rejette catégoriquement l’idée d’une exclusion des Tshokwé-Lunda, affirmant qu’ils sont bel et bien représentés au sein de l’exécutif provincial et du cabinet du Gouverneur.
Elle cite notamment la présence de Madame Alphonsine Bundu, ministre provinciale de la Jeunesse, et de Monsieur Kambamba Antoine, Secrétaire exécutif adjoint chargé des questions économiques, tous deux issus de la communauté Tshokwé.
Au cabinet du Gouverneur, rappelle-t-elle, Madame Cécile Malema occupe le poste de cheffe de service adjointe de l’Intendance, tandis qu’un agent du protocole originaire de la même communauté est affecté à l’aéroport de Tshikapa.
Pour le Gouvernorat, ces éléments attestent de la volonté du Gouverneur Mukendi de promouvoir le vivre-ensemble et la cohabitation pacifique entre toutes les communautés du Kasaï.
Il appelle ainsi la population à la vigilance et au discernement face aux discours jugés « divisionnistes et opportunistes ».
✍🏽 Par Sadam Kapanda Wa Kapanda



