Le 23 février 2026 marque la fin du contrat de 30 mois signé entre le gouvernement congolais et la société TOHA Investment pour la construction de la route moderne reliant Tshikapa à la frontière de Kandjanji. Pourtant, à quelques semaines de cette échéance, le chantier laisse derrière lui un bilan inquiétant.
La route Tshikapa-Kandjanji reste largement inachevée, tandis que les contrôleurs et receveurs affectés aux postes de péage n’ont pas été payés depuis quatre mois, malgré leur engagement.
Les agents, qui devaient toucher respectivement 550 et 400 dollars par mois, ont été remerciés le 22 janvier 2026 alors qu’ils étaient sous contrat depuis le 11 septembre 2025.
Le contrat, signé en octobre 2023 avec démarrage en janvier 2024, prévoyait la construction de 120 km de route Tshikapa-Kamako, une bretelle de 27 km à Kandjanji, trois postes de péage et de pesage, des infrastructures sociales, 10 km de voirie urbaine et un poste frontalier à Kamako.
Mais à ce jour, la plupart de ces travaux restent inachevés.
TOHA Investment, entreprise spécialisée en génie civil et infrastructures en RDC, avait promis d’utiliser la technologie Neoloy, des polymères géocellulaires, pour améliorer la durabilité de la route à 30 ans.
Les analyses de laboratoire avaient confirmé la bonne portance du sol, mais l’apport du Neoloy devait renforcer la longévité et réduire les besoins d’entretien.
Malgré ces ambitions, le chantier a connu de longs arrêts et un rythme très lent, suscitant l’indignation des élus et observateurs locaux.
Les accusations de mauvaise gestion financière et les tentatives de levée de fonds via des péages non autorisés ont alimenté les critiques, certains réclamant même la résiliation du contrat.
À quelques jours de la clôture, le projet Tshikapa-Kandjanji illustre les défis majeurs de l’exécution des grands chantiers en RDC : promesses non tenues, retards prolongés et agents impayés, laissant la population locale face à une route inachevée et à des frustrations palpables.
✍️ Par Sadam Kapanda Wa Kapanda



