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Haut-Katanga asphyxié, Marie Nyange Ndombe déclare la guerre aux pollueurs miniers

Face à une province ravagée par la pollution minière, la déforestation sauvage et l’impunité des entreprises, la ministre de l’Environnement et Développement durable, Marie Nyange Ndombe, a lancé à Lubumbashi une offensive sans précédent contre les pollueurs industriels. Cette fois, le discours n’a rien de diplomatique.

L’État hausse le ton, et les entreprises minières sont clairement désignées comme principales responsables du désastre environnemental que subissent les populations.

Devant une société civile excédée, la ministre a mis le doigt sur l’un des scandales les plus explosifs , la superposition illégale des titres miniers sur les forêts des communautés locales (CFCL).

« Les entreprises minières n’ont ni droit ni pouvoir d’exploiter dans les forêts communautaires », a-t-elle tranché, dénonçant une pratique assimilée à un abus de force contre les populations sans défense.

Dans la salle, le constat est partagé ,les lois existent, mais elles sont systématiquement bafouées, pendant que les communautés perdent leurs terres, leurs forêts et leurs moyens de subsistance.

« Trop longtemps, les cris des populations ont été ignorés », a lâché un acteur de la société civile. Autre dossier brûlant , l’exploitation du bois rouge, symbole d’un pillage forestier longtemps toléré.

La ministre promet un encadrement strict et prévient que la reprise ne se fera ni dans l’anarchie ni au détriment des générations futures.

« Ce qui se fait aujourd’hui engage l’avenir de vos enfants », a-t-elle rappelé, en appelant à rompre avec les pratiques destructrices.

Fin de l’impunité annoncée devant les responsables de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC), Marie Nyange Ndombe a lâché une phrase qui a glacé la salle ,« Trop c’est trop. »

Les entreprises minières, accusées d’être à l’origine des pollutions répétées des sols, des rivières et de l’air, sont désormais sommées d’agir ou de faire face aux conséquences.

La ministre a rappelé que cette ligne dure est une instruction claire du Chef de l’État. La protection de la vie humaine passe avant les profits miniers. Normes sévères, sanctions imminentesL’avertissement est formel.

Le gouvernement annonce l’élaboration rapide de normes environnementales strictes, obligatoires pour toutes les entreprises minières, sur la base des études validées par l’Agence congolaise de l’Environnement (ACE). La phase de complaisance est officiellement close.

« Tout acte criminel commis par des entreprises minières sera sévèrement puni », a averti la ministre, évoquant l’entrée imminente dans une phase coercitive.

Dialogue sous haute surveillanceAcculé, le premier vice-président provincial de la FEC, Guy Kimenyembo Mwanabute, a promis de transmettre le message aux entreprises membres.

Mais sur le terrain, la population reste sceptique.Pour éviter un dialogue de façade, la ministre annonce la création d’un cadre permanent de concertation, chargé de surveiller les engagements et d’appuyer l’action gouvernementale.

Dans le Haut-Katanga, où rivières polluées, terres stériles et forêts rasées sont devenues le quotidien, cette sortie musclée est perçue comme un ultime avertissement.

Une question brûle désormais toutes les lèvres ,les entreprises polluantes seront-elles réellement sanctionnées, ou l’impunité va-t-elle encore gagner ?

✍🏽 Par Jean-Claude Mukenga

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