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Lualaba : les mines artisanales se transforment en cimetières, plus de 30 morts, l’état regarde ailleurs

Trop de morts. Trop de silence. Trop d’indifférence.Le sang continue de couler dans les mines artisanales du Lualaba. En l’espace de quelques semaines, plus de trente creuseurs artisanaux ont perdu la vie ensevelis par des éboulements, asphyxiés dans des galeries instables ou abandonnés sous terre, pendant que les autorités semblent détourner le regard.

Mulondo, Kinsakala, Tulwizembe… Ces noms résonnent désormais comme des symboles du drame, de la négligence et de l’échec dans la protection des vies humaines dans le secteur minier artisanal. À Mulondo, plusieurs creuseurs ont été engloutis par des éboulements meurtriers.

À Kinsakala, cinq corps sans vie ont été extraits des entrailles de la terre. À Tulwizembe, au moins onze personnes ont péri récemment dans une indifférence glaçante.

Parmi les victimes figurent des pères de famille, des jeunes en quête de survie, des citoyens congolais morts sans casque, sans équipement adéquat et sans secours simplement parce qu’ils tentaient de gagner leur pain quotidien.

« Nos frères meurent comme des animaux pendant que ceux qui doivent nous protéger ferment les yeux », s’indigne un creuseur interrogé sur place.

Face à cette hécatombe, l’Initiative pour la Protection des Droits de l’Homme et la Réinsertion Sociale (IPDHOR) tire la sonnette d’alarme et dénonce une crise structurelle profonde, marquée par :

l’absence totale d’encadrement des sites miniers artisanaux ;le manque criant de sécurisation des zones d’exploitation ;l’inexistence de mécanismes efficaces de prévention des risques ; l’abandon des creuseurs à leur propre sort.

Pour l’organisation, ces morts ne sont pas de simples accidents : ce sont des drames annoncés.

L’État perçoit, mais ne protège pasLes taxes minières sont régulièrement perçues.Les contributions sont exigées.

Mais la vie humaine reste négligée. L’IPDHOR juge inacceptable que l’État tire profit de l’exploitation minière artisanale sans garantir la sécurité minimale de ceux qui travaillent au péril de leur vie.

« Le droit à la vie ne peut pas être sacrifié sur l’autel des recettes publiques », martèle l’organisation.

L’IPDHOR exige, sans délai :

un encadrement immédiat et permanent des sites miniers artisanaux ; une sécurisation stricte et contrôlée des zones d’exploitation ;des systèmes d’alerte et de prévention des risques ; une protection réelle des creuseurs, aujourd’hui livrés à eux-mêmes. Jusqu’à quand ?Chaque mort dans une mine artisanale est un échec collectif.

Combien de vies faudra-t-il encore sacrifier avant une réaction ferme et responsable des autorités ?

✍🏽 Par Jean-Claude Mukenga

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