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RDC : Kinshasa appelle Lourenço à consulter tous les acteurs nationaux avant tout dialogue intercongolais, avec zéro impunité et sous l’égide des institutions congolaises

Le gouvernement de la République démocratique du Congo a clairement indiqué ses attentes vis-à-vis du président angolais João Lourenço, chargé d’ouvrir des consultations préliminaires avec l’ensemble des forces politiques et sociales congolaises. L’objectif est de préparer un dialogue national crédible, qui devra impérativement se tenir sur le territoire congolais et exclure toute forme d’impunité.

Mercredi, sur RFI, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a précisé que le président angolais mènerait des échanges avec toutes les parties concernées afin d’évaluer les conditions d’un tel processus.

Il a rappelé que la position du président Félix Tshisekedi reste constante : tout dialogue entre Congolais doit être organisé en RDC, sous l’égide des institutions nationales, et ne peut en aucun cas minimiser les responsabilités établies.

Patrick Muyaya a également insisté sur un principe fondamental : le futur dialogue ne devra en aucun cas absoudre les responsables impliqués dans les violences.

Selon lui, l’absence de sanctions contre certains acteurs serait l’un des facteurs expliquant la persistance des crises armées dans l’est du pays.

Questionné sur l’implication éventuelle de l’ancien président Joseph Kabila, récemment reçu à Luanda, le porte-parole a orienté son propos vers ce qu’il qualifie d’« agression » contre la RDC.

Il a estimé que certaines prises de position publiques de l’ancien chef de l’État, notamment concernant le M23, posaient problème.

L’évolution du dossier dépendra notamment du compte rendu que João Lourenço transmettra à l’issue de ses consultations.

Ces déclarations interviennent après une rencontre à Luanda réunissant les présidents angolais, congolais et togolais, ce dernier agissant en qualité de médiateur de l’Union africaine.

L’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, représentant des facilitateurs désignés par l’UA pour accompagner le processus de paix en RDC, participait également aux échanges.

Au terme de cette réunion, les dirigeants ont plaidé pour un cessez-le-feu et confié à l’Angola la mission d’ouvrir des consultations avec toutes les parties congolaises afin de créer un climat favorable à un dialogue intercongolais.

Le communiqué final a rappelé les engagements pris dans le cadre de l’Accord de Washington du 4 décembre 2025, ainsi que les résolutions 2773 et 2808 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui prévoient notamment le retrait des forces rwandaises et la neutralisation des FDLR.

De son côté, Félix Tshisekedi a réaffirmé son ouverture au dialogue national, tout en posant des limites claires : aucune initiative ne doit minimiser les responsabilités établies ni banaliser ce qu’il considère comme une agression extérieure.

Il a également précisé que tout processus devra être conduit conformément à la Constitution et sous la responsabilité des institutions de la République.

Tout en défendant ces principes, le président congolais a salué les efforts diplomatiques du président angolais, actuellement à la présidence en exercice de l’Union africaine, pour favoriser un processus de paix inclusif et crédible. Kinshasa insiste ainsi sur un dialogue structuré, légitime et respectueux de la souveraineté nationale.

✍🏽 Par Joël T.

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