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À Genève, Kinshasa défend son bilan en droits humains et sonne l’alerte sur l’Est

À la tribune du Conseil des droits de l’homme réuni à Genève pour sa 61ᵉ session, la République démocratique du Congo a présenté un double message : défendre les réformes engagées en matière de droits humains et alerter sur la détérioration dramatique de la situation sécuritaire dans l’Est du pays.

Prenant la parole lors du segment de haut niveau, la ministre des Affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba Wagner, a réaffirmé l’attachement de Kinshasa aux engagements internationaux relatifs aux droits humains.

Elle a assuré que ces engagements ne resteraient pas déclaratifs, mais se traduiraient par des actions concrètes et mesurables.

Parmi les avancées mises en avant : l’intensification des poursuites contre les auteurs de violences sexuelles liées aux conflits armés et l’adoption d’un cadre légal instituant l’indemnisation des victimes.

Un fonds spécifique a été créé afin de financer les réparations et accompagner la réhabilitation des survivants.

La diplomatie congolaise a également annoncé la mise en place prochaine d’un tribunal spécialisé chargé des infractions économiques et financières.

Objectif : frapper au cœur la corruption et les détournements de fonds, considérés comme des obstacles majeurs à la jouissance effective des droits fondamentaux.

Sur la question sensible de l’exploitation des ressources naturelles, Kinshasa a rappelé l’exigence faite aux entreprises opérant sur son territoire de se conformer strictement aux standards internationaux et aux principes des Nations unies en matière de droits humains.

L’Est, point noir du plaidoyer congolais
Mais derrière ce plaidoyer institutionnel, l’ombre de la crise sécuritaire à l’Est plane lourdement.

Le gouvernement congolais estime que ses efforts sont gravement fragilisés par la situation dans certaines zones du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, sous contrôle de l’AFC/M23.

Kinshasa accuse ce mouvement rebelle, qu’elle dit soutenu par le Rwanda, d’être responsable de graves violations des droits humains.

Les faits évoqués sont accablants : exécutions sommaires, violences sexuelles, déplacements forcés, enrôlement d’enfants soldats et exploitation illégale des ressources naturelles.

Un document compilé par les autorités congolaises en collaboration avec des organisations de la société civile fait état de milliers d’atteintes graves, d’un nombre élevé de morts et de centaines d’enlèvements.

La crise humanitaire, elle, atteint des proportions alarmantes, avec plusieurs millions de personnes déplacées internes.

Pour marquer sa position, une ordonnance présidentielle adoptée en novembre 2025 a déclaré sans effet juridique les décisions prises par les forces occupant certaines zones.

Un appel à la vigilance internationale
La 61ᵉ session du Conseil prévoit l’examen de nombreux rapports sur la situation des droits humains dans le monde.

Le dossier congolais y figure en bonne place, notamment au regard des résolutions onusiennes récentes appelant à des enquêtes indépendantes et à la cessation de tout soutien aux groupes armés.

À Genève, la délégation congolaise n’a pas seulement défendu un bilan.

Elle a cherché à repositionner le débat : oui aux réformes internes, mais sans occulter la réalité d’une guerre persistante dans l’Est qui, selon Kinshasa, compromet les avancées et continue de faire payer un lourd tribut aux populations civiles.

✍🏽 Par Joël T.

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