La session parlementaire de mars s’annonce particulièrement intense à l’Assemblée nationale de la République démocratique du Congo.
Plus de quatre-vingts initiatives législatives seront examinées par les députés, dans un contexte marqué par de fortes attentes en matière de contrôle de l’action gouvernementale et de gestion des finances publiques.
En prélude à cette rentrée parlementaire, le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, a présidé le mercredi 4 mars une réunion du Bureau de la Chambre basse afin de préparer l’ouverture officielle de la session prévue à la mi-mars et de définir les grandes orientations de travail des députés.
À l’issue de cette rencontre, le rapporteur de l’Assemblée nationale, Jacques Djoli, a indiqué que cette session accordera une priorité particulière au contrôle de l’action gouvernementale, en tenant compte du contexte politique, économique, diplomatique et social que traverse le pays.
Plusieurs mécanismes de contrôle parlementaire seront ainsi activés, notamment les questions d’actualité, les questions orales avec débat et d’autres outils de suivi de l’action publique.
Parallèlement à ces activités de contrôle, les élus devront examiner un volume important de projets et propositions de loi.
La direction de l’Assemblée nationale souhaite, à cet effet, rationaliser l’organisation des travaux parlementaires afin d’améliorer l’efficacité des débats et d’accélérer la production législative.
La session accordera également une attention particulière aux rapports des institutions d’appui à la démocratie, notamment ceux de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) et de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH).
Le renforcement du contrôle des finances publiques figure également parmi les priorités.
Le Bureau de l’Assemblée nationale entend mettre en place une méthodologie de travail plus rigoureuse afin d’assurer un meilleur suivi de la gestion budgétaire, tant au niveau du gouvernement qu’au sein de l’institution parlementaire elle-même.
Pour garantir le bon déroulement de la session, des instructions ont été données afin que tous les députés soient présents à Kinshasa avant l’ouverture officielle des travaux.
La questeure de l’Assemblée nationale a notamment été chargée de prendre les dispositions nécessaires pour faciliter le retour des élus et améliorer les conditions de travail du personnel administratif.
Dans une logique d’amélioration de la gouvernance budgétaire, le président de l’Assemblée nationale a également demandé l’inscription d’un débat d’orientation budgétaire dans le calendrier des travaux.
Prévu par la loi relative aux finances publiques mais rarement appliqué, ce mécanisme devrait permettre aux parlementaires de mieux intégrer dans le budget national les préoccupations exprimées par la population lors des missions effectuées dans leurs circonscriptions.
Ce débat sera notamment associé à l’examen des rapports issus des vacances parlementaires, afin de renforcer la pertinence des décisions prises par les élus.
Conformément aux dispositions constitutionnelles, la session parlementaire s’ouvrira officiellement le lundi 16 mars 2026 au Palais du Peuple, à Kinshasa.
La date initiale du 15 mars tombant un dimanche, l’ouverture a été reportée au premier jour ouvrable suivant.
Cette session sera particulièrement scrutée par l’opinion publique. Elle constitue en effet la première véritable session dirigée par Aimé Boji Sangara depuis son accession à la présidence de l’Assemblée nationale en cours de mandat. Avant cette échéance, celui-ci avait effectué une tournée dans l’Est du pays afin de s’imprégner des réalités sécuritaires et de renforcer l’implication du Parlement dans la gestion de la crise qui touche cette partie de la République démocratique du Congo.
✍🏽 Par Joël T.



