Le parti politique Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS) du feu Étienne Tshisekedi wa Mulumba traverse une crise sans précédent à Tshikapa, chef-lieu du Kasaï, où trois présidents fédéraux se disputent le contrôle de la fédération.
Donat Muamba Mutombo, Jacques Bakajika et Ignace Manyonga, chacun avec ses partisans, multiplient les initiatives contradictoires, semant confusion et division au sein du parti présidentiel.
Ignace Manyonga, se présentant comme élu par la base, pointe directement du doigt le président de l’Assemblée provinciale et le gouverneur du Kasaï, les accusant de complicité dans cette guerre interne.
Dans une récente interview accordée à une chaîne locale, il a dénoncé le silence des autorités provinciales, pourtant membres du parti, qui, selon lui, permettent l’escalade de cette crise au lieu de la résoudre.
De son côté, Donat Muamba Mutombo, désigné sur décision de Kinshasa, a été désavoué à l’unanimité par les membres de la fédération le 24 août 2023. Les militants lui reprochent sa participation présumée à la tentative de déstabilisation du parti lors de la messe noire de Sainte-Anne à Kinshasa, qui avait conduit à la destitution d’Augustin Kabuya.
Jacques Bakajika, pour sa part, a été confirmé comme président fédéral intérimaire de l’UDPS Kasaï 3, mais cette décision n’a fait qu’aggraver les tensions. Donat Muamba Mutombo, rejetant cette désignation, a menacé de saisir les instances nationales du parti pour sanctionner le groupe de Bakajika, menace qui n’a jamais été suivie d’effets.
Les observateurs politiques et analystes locaux déplorent le silence de Kinshasa face à cette situation qui discrédite le parti présidentiel et met à mal les efforts du « Sphinx de Limete ».
Pour beaucoup, la crise démontre que la fédération de Kasaï 3 est en train de s’effondrer sous les ambitions personnelles de ses leaders, tandis que le pouvoir central reste passif, laissant le parti sombrer dans le chaos.
Le conflit interne entre Donat Muamba, Bakajika et Manyonga illustre non seulement la fragilité des structures de l’UDPS dans la province, mais aussi l’absence de régulation de Kinshasa, qui semble choisir la complaisance au lieu de l’action pour préserver l’unité et la crédibilité de son parti.
Les militants locaux redoutent désormais que cette guerre intestinale n’affecte sérieusement la représentativité et l’influence de l’UDPS dans le Kasaï.
Dans ce contexte, l’avenir de l’UDPS Kasaï 3 apparaît plus incertain que jamais, avec un parti déchiré par les ambitions personnelles de ses fédéraux et un pouvoir central qui observe, impassible, le naufrage de sa fédération.
✍🏽 Par Sadam Kapanda Wa Kapanda



