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RDC : Human Rights Watch documente 17 opposants arrêtés et portés disparus à Kinshasa et accuse le pouvoir de recourir à des détentions secrètes

Human Rights Watch (HRW) a déclaré avoir documenté 17 cas de disparitions à Kinshasa, principalement des opposants politiques arrêtés pour des motifs jugés « contestables » ou pour leur supposé soutien au mouvement rebelle AFC/M23.

L’organisation exhorte les autorités congolaises à clarifier immédiatement la situation de ces individus et à les présenter devant un juge compétent, conformément aux normes internationales de protection des droits humains.

Dans un rapport consulté ce mercredi par la rédaction de planetemedia.net, HRW accuse le gouvernement de recourir au Conseil national de Cyberdéfense (CNC), un organe rattaché à la présidence, pour mener depuis mars 2025 des arrestations et détentions arbitraires, visant essentiellement des opposants politiques via les forces de sécurité.

« Au cours de l’année écoulée, des individus ont été arrêtés et détenus secrètement à Kinshasa pour des motifs fallacieux », a déclaré Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch.

« La majorité de ces arrestations semble motivée par des considérations politiques ou par un soutien présumé à des groupes armés opérant dans l’est du pays. »

Pour étayer ses conclusions, HRW indique avoir rencontré 34 personnes, dont neuf anciens détenus et onze proches de détenus. Les témoignages révèlent que les arrestations étaient souvent menées de nuit par des éléments de la Garde républicaine et de la Police nationale, parfois en civil. Plusieurs ex-détenus affirment avoir été transportés les yeux bandés vers des centres du CNC, sans présentation de mandat d’arrêt.

Les personnes arrêtées auraient été interrogées dans des installations situées au Stade des Martyrs ou dans les bureaux du CNC à l’Office national des transports (ONATRA), avant d’être transférées vers d’autres lieux de détention, parfois des chambres privées ou des hôtels.

Les interrogatoires portaient principalement sur leurs liens présumés avec l’AFC/M23, plutôt que sur des activités de cyber-renseignement, domaine officiel du CNC.
HRW critique également l’extension des prérogatives du CNC, qui procéderait à des arrestations et détentions secrètes sans contrôle judiciaire. Entre décembre et janvier, plusieurs proches de l’ancien président Joseph Kabila ont été arrêtés à domicile à Kinshasa.

Certains ont été localisés ultérieurement au CNC et présentés devant la justice, tandis que d’autres restent introuvables, notamment Emmanuel Ramazani Shadary et Aubin Minaku, respectivement secrétaire permanent et vice-président du PPRD, ancien parti au pouvoir.
Face à ces pratiques, HRW exhorte les autorités congolaises à mettre fin aux détentions arbitraires, révéler le sort des personnes disparues et garantir le respect des droits fondamentaux, conformément aux engagements internationaux de la RDC.

✍🏽 Par Joël T.

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