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RDC : le BCNUDH alerte sur la montée des arrestations arbitraires attribuées aux services de renseignement

Le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) tire la sonnette d’alarme face à la persistance de violations des droits humains en République démocratique du Congo impliquant certains services de renseignement.

Dans son rapport couvrant la période du 1er janvier au 31 décembre 2025, l’institution fait état de plusieurs cas d’interpellations et de détentions de civils et de militaires dans des conditions jugées contraires aux procédures légales.

Selon ce document, des personnes auraient été arrêtées par l’Agence nationale de renseignements (ANR), le Conseil national de cyberdéfense (CNC) ainsi que l’État-major des renseignements militaires (EMRM), sans contrôle judiciaire, sans assistance d’un avocat et parfois sans possibilité de contacter leurs proches ni d’accéder à des soins médicaux.

Le rapport évoque également plusieurs cas de mauvais traitements, incluant des tortures physiques et psychologiques infligées à certains détenus.

Le BCNUDH souligne que ces arrestations seraient souvent motivées par des soupçons de collaboration avec des groupes armés ou des puissances étrangères.

D’autres cas concernent des accusations à caractère politique, notamment des propos jugés subversifs ou des faits qualifiés d’outrage au chef de l’État.

L’organisation note également que certains services de renseignement interviennent dans des dossiers qui ne relèvent pas de leur mandat, notamment des litiges fonciers, financiers ou liés à l’exploitation des ressources naturelles.

Au total, 46 violations des droits humains attribuées aux agents de l’ANR ont été recensées en 2025, touchant 53 victimes, dont neuf femmes et trois enfants. Ce chiffre représente une hausse d’environ 5 % par rapport à l’année précédente, durant laquelle 44 cas similaires avaient été enregistrés.

Les arrestations et détentions arbitraires constituent la majorité des violations signalées, avec 27 cas, soit 58 % du total.

La plupart des personnes arrêtées auraient été transférées dans des centres de détention contrôlés par l’ANR, notamment à Kinshasa et à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga Province.

Par ailleurs, le rapport rappelle que les violations des droits humains dans l’est du pays s’inscrivent dans un contexte marqué par la recrudescence des violences armées.

Les affrontements opposant la rébellion de l’Alliance Fleuve Congo (AFC/M23), que Kinshasa accuse d’être soutenue par le Rwanda, aux forces gouvernementales se poursuivent dans les provinces du North Kivu Province et du South Kivu Province, aggravant la crise sécuritaire et humanitaire.

Cette situation intervient également dans un contexte de baisse du financement de l’aide humanitaire internationale, ce qui fragilise davantage les populations civiles déjà affectées par les conflits.

Face à l’intensification des tensions, plusieurs acteurs appellent à un cessez-le-feu afin de favoriser les initiatives politiques et le dialogue.

Toutefois, sur le terrain, les accusations mutuelles de violations de la trêve se multiplient et les combats se poursuivent.

L’usage de drones dans certaines zones de conflit alimente également les tensions : la rébellion accuse le gouvernement congolais de viser des zones habitées, ce que les autorités démentent.
Sur le plan diplomatique, les efforts de médiation se poursuivent.

Le processus de Washington porte sur la crise entre la RDC et le Rwanda, tandis que celui de Doha se concentre sur les discussions entre Kinshasa et l’AFC/M23.

Malgré quelques avancées annoncées, ces initiatives peinent pour l’instant à produire des résultats concrets sur le terrain, où la méfiance entre les différentes parties reste forte.

Par Joël T.

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