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RDC : après la frappe meurtrière à Goma, l’ONU convoque une réunion d’urgence du Conseil de sécurité

Le Conseil de sécurité des Nations unies doit tenir ce mardi une réunion à huis clos consacrée à la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo.

Cette séance intervient quelques jours après une attaque de drone survenue à Goma, dans la province du Nord-Kivu, qui a coûté la vie à une employée de l’UNICEF.

Selon plusieurs sources diplomatiques, cette réunion a été sollicitée par la France dans un contexte marqué par l’intensification des violences dans l’est congolais.

Plusieurs membres du Conseil devraient condamner fermement cette attaque et rappeler la nécessité de garantir la protection des civils ainsi que celle du personnel humanitaire opérant dans les zones de conflit.

Dans un communiqué publié après l’incident, la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en RDC (MONUSCO) a souligné que les attaques visant les travailleurs des Nations unies pourraient être qualifiées de crimes de guerre au regard du Statut de Rome de la Cour pénale internationale.
L’attaque a suscité une vive réaction au niveau international.

Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a appelé à l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale afin d’établir les responsabilités.

L’Union européenne a également soutenu cette démarche, tandis que les autorités congolaises ont annoncé l’ouverture d’investigations.
Toutefois, une première évaluation menée par la MONUSCO n’a pas encore permis d’identifier les auteurs de cette frappe.

Cet incident intervient dans un contexte de forte militarisation dans l’est de la RDC, où les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) poursuivent leurs opérations contre les rebelles du Mouvement du 23 mars (M23). Dans ce théâtre d’opérations, l’utilisation de drones armés est devenue de plus en plus fréquente.

Les discussions prévues au Conseil de sécurité devraient également porter sur les efforts visant à instaurer un cessez-le-feu durable. La Résolution 2808 du Conseil de sécurité de l’ONU, adoptée en décembre 2025, appelle toutes les parties au conflit à respecter leurs engagements en faveur d’un arrêt effectif et vérifiable des hostilités.

Dans un rapport transmis au Conseil le 27 février dernier, le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a évoqué des progrès dans la mise en place d’un mécanisme de surveillance du cessez-le-feu dans le cadre du processus de Doha sur la crise dans l’est de la RDC, une médiation menée par le Qatar entre le gouvernement congolais et le M23.

Pour soutenir ce dispositif, les Nations unies envisagent notamment un renforcement progressif de leurs capacités sur le terrain, avec le déploiement potentiel de 1 500 à 2 500 soldats supplémentaires dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.

Parallèlement, la situation reste marquée par des tensions diplomatiques croissantes dans la région. Le 2 mars dernier, les États-Unis ont annoncé des sanctions ciblées contre plusieurs responsables militaires rwandais et les Forces de défense rwandaises. Une décision saluée par Kinshasa, mais vivement critiquée par Kigali.

✍🏽 Par Joël T.

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