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Débat autour de la constitution en RDC : Denis Mukwege dénonce un musellement des parlementaires et un glissement dangereux du pouvoir

Le débat autour d’une éventuelle révision de la Constitution du 18 février 2006 continue d’alimenter de vives tensions en République démocratique du Congo.

Dans ce climat électrique, le prix Nobel de la paix Denis Mukwege est sorti de son silence pour dénoncer des pratiques qu’il juge inquiétantes pour l’avenir démocratique du pays.

Dans une prise de position ferme, il a pointé du doigt les départs de plusieurs figures majeures du Parlement, notamment Vital Kamerhe et Modeste Bahati Lukwebo.

Selon lui, ces retraits ne sont pas anodins, mais s’inscrivent dans un contexte de pressions liées à leur opposition à la révision constitutionnelle soutenue par la majorité au pouvoir.

Pour Denis Mukwege, cette situation traduit un rétrécissement dangereux de l’espace démocratique, où des élus seraient contraints de se retirer pour avoir exprimé des positions divergentes.

Il dénonce un climat politique marqué par des pressions internes et des manœuvres visant à faire taire les voix discordantes.

Le médecin et défenseur des droits humains s’alarme également de ce qu’il qualifie d’inversion des rôles institutionnels. Dans un État de droit, rappelle-t-il, le Parlement est censé contrôler l’action du gouvernement.

Or, selon lui, la tendance actuelle laisse plutôt apparaître une influence grandissante de l’exécutif sur le législatif.

Denis Mukwege évoque en outre un climat de peur et de conformisme politique, où certains acteurs partageraient en privé les mêmes inquiétudes, sans oser les exprimer publiquement.

Une situation qu’il considère comme un frein au débat démocratique et à la transparence.

De son côté, Modeste Bahati Lukwebo avait récemment estimé que les difficultés du pays ne résident pas dans la Constitution, mais dans le manque de volonté politique pour appliquer les textes existants.

Il avait également rappelé que le mandat du président en exercice court jusqu’en 2028, une déclaration qui avait suscité de nombreuses réactions au sein de la classe politique.

Quant à Vital Kamerhe, son départ de la présidence de l’Assemblée nationale s’inscrit dans un contexte déjà marqué par des tensions internes et des controverses liées à la gestion de l’institution.

Dans un pays déjà confronté à des défis sécuritaires majeurs, cette controverse autour de la Constitution vient raviver les fractures politiques et soulève de sérieuses interrogations sur la trajectoire démocratique de la RDC.

✍🏽 Par Joël T.

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