À Kolwezi, la tension sociale atteint un point critique après une vaste opération de démolition conduite par les autorités provinciales dans le quartier Golf ISTM, érigé sur une concession attribuée à la Régie des Voies Aériennes (RVA).
Selon plusieurs sources concordantes, plus de 500 habitations ont été réduites en gravats en l’espace de trois jours, laissant des centaines de familles sans abri, contraintes de passer leurs nuits à la belle étoile, sans assistance.
D’après les témoignages recueillis sur place, les destructions ont été menées à coups de bulldozers, sous un impressionnant dispositif sécuritaire.
Militaires et éléments de la Garde républicaine auraient été massivement déployés pour prévenir toute tentative de résistance de la population.

Le quartier touché, communément appelé Golf ISTM, était pourtant constitué en grande majorité de constructions durables, parfois à étage, traduisant des investissements lourds consentis par les occupants aujourd’hui réduits à néant.
Depuis le début de l’opération, aucune mesure d’urgence, ni assistance humanitaire, ni plan de relogement n’a été officiellement annoncée, selon les sinistrés.
Ces derniers dénoncent une situation de détresse extrême, marquée par l’exposition aux intempéries, l’insécurité et une précarité alimentaire alarmante.
Au cœur de la controverse, la question de la légalité des occupations.

Une source proche du dossier affirme que la zone aurait fait l’objet d’un lotissement reconnu et commercialisé par les services étatiques compétents, notamment le cadastre et les services des titres immobiliers.
Plusieurs occupants assurent détenir des documents officiels délivrés par l’État, ce qui soulève de graves interrogations sur la cohérence de l’action publique.
Cette affaire met en lumière les failles profondes de la gouvernance foncière dans la province du Lualaba, chevauchement d’attributions, contradictions administratives et absence criante de coordination entre institutions au détriment des citoyens.
Plus troublant encore, des accusations de “deux poids, deux mesures” émergent.
Certains habitants affirment que des propriétés appartenant à des personnalités influentes du même quartier auraient été épargnées, alimentant un sentiment d’injustice et de traitement discriminatoire.
La responsabilité politique est désormais directement pointée.
Plusieurs sinistrés accusent ouvertement les autorités provinciales, évoquant une trahison et un abandon face à ce qu’ils qualifient de déguerpissement brutal et inhumain.

Face à l’ampleur de la crise, les familles affectées lancent un appel pressant au Président Félix Tshisekedi pour une intervention urgente. Elles exigent l’ouverture d’une enquête indépendante, la reconnaissance de leurs droits, ainsi qu’une indemnisation équitable ou une relocalisation digne.
Dans un pays où les conflits fonciers sont récurrents, cette affaire pourrait devenir emblématique des dérives liées à la gestion du domaine public, mais aussi un test majeur pour la protection des citoyens face aux décisions administratives.
✍🏽 Par Jean-Claude Mukenga



