Face à la montée inquiétante de la criminalité urbaine, le gouvernement de la République démocratique du Congo hausse le ton et passe à l’offensive contre la circulation illicite des armes légères, souvent impliquées dans des actes de banditisme dans les grandes villes.
Réunis au ministère de l’Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, plusieurs hauts responsables de l’État ont arrêté une série de mesures destinées à endiguer la prolifération des armes et à restaurer l’autorité de l’État dans les centres urbains.
La réunion interinstitutionnelle, présidée par le Vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, Jacquemain Shabani Lukoo Bihango, a connu la participation du ministre de la Défense nationale, Guy Mwadiamvita Kambombo, ainsi que du ministre d’État à la Justice, Guillaume Ngefa Atondoko.
Des représentants du Conseil supérieur de la magistrature et de la Commission nationale de contrôle des armes légères et de petit calibre (CNC-ALPC) ont également pris part aux travaux.
Une insécurité alimentée par des défaillances internes
Au cours des échanges, les participants ont identifié plusieurs facteurs à l’origine de l’insécurité croissante dans les milieux urbains.
Parmi eux figurent le relâchement de la discipline au sein de certaines unités, la circulation incontrôlée des armes et la faiblesse des mécanismes de contrôle et de sanction.
Ces dérives favoriseraient l’implication de certains éléments en uniforme dans des actes criminels, contribuant à accentuer le sentiment d’insécurité au sein de la population.
Une opération nationale contre les armes illégales
Pour faire face à cette situation, les autorités ont décidé de lancer une opération de grande envergure baptisée « Lutte contre la détention illicite des armes ».
Cette initiative vise à freiner la circulation illégale des armes légères sur l’ensemble du territoire, avec l’appui de la CNC-ALPC et de la police militaire.
Dans la même dynamique, les responsables des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC) ont été instruits de sanctionner sévèrement tout agent impliqué dans ces pratiques.
L’objectif affiché est de restaurer la discipline au sein des forces de sécurité et de mettre fin aux complicités internes.
Pression judiciaire et audiences foraines renforcées
Sur le plan judiciaire, le gouvernement prévoit également d’intensifier l’organisation des audiences foraines, connues pour leur effet dissuasif dans la lutte contre la criminalité.
Par ailleurs, une cellule de suivi regroupant les ministères concernés et le Conseil supérieur de la magistrature sera mise en place afin de renforcer le contrôle de la chaîne pénale et d’assurer l’application effective des sanctions.
À travers cette série de mesures, l’exécutif congolais entend réaffirmer son autorité et renforcer la sécurité des populations face à la recrudescence du banditisme urbain.
✍🏽 Par Joël T.



