La République démocratique du Congo tourne une page importante de son histoire sanitaire. Le Gouvernement congolais, par l’entremise du ministère de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, a officiellement annoncé la fin de l’épidémie de Mpox en tant qu’urgence nationale.
L’annonce a été faite ce 2 avril 2026 à Kinshasa par le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, sous l’autorité du Président de la République, Félix‑Antoine Tshisekedi Tshilombo.

Cette décision marque l’aboutissement d’une lutte sanitaire particulièrement éprouvante qui aura duré près de trois ans et mobilisé l’ensemble du système de santé à travers le pays.
L’épidémie avait atteint une ampleur nationale, touchant pas moins de 419 zones de santé réparties dans les 26 provinces de la République démocratique du Congo, obligeant les autorités à déployer une riposte d’envergure.
Les chiffres donnent la mesure de la crise. Près de 125 000 cas suspects ont été investigués durant cette période. Plus de 80 000 prélèvements ont été réalisés et 34 000 cas confirmés.
Malgré la complexité de la situation, les autorités sanitaires ont réussi à réduire le taux de létalité à 1,39 %, un résultat salué par plusieurs partenaires internationaux.
Cette riposte nationale s’est appuyée sur un dispositif stratégique renforcé.
Le gouvernement a notamment instauré un système de gestion d’incident avancé, coordonné les opérations à l’échelle centrale, digitalisé la surveillance épidémiologique et décentralisé les capacités de diagnostic afin d’accélérer la détection des cas sur l’ensemble du territoire.

Parallèlement, une campagne de vaccination ciblée a été déployée grâce aux vaccins MVA‑BN et LC16‑m8.
Au cœur de cette bataille sanitaire, le Centre des opérations d’urgence de santé publique a assuré la coordination des interventions et la gestion en temps réel des données épidémiologiques, permettant une réaction rapide face aux foyers d’infection.
Le ministre de la Santé a rendu un hommage appuyé aux professionnels de santé, aux agents communautaires ainsi qu’aux populations locales dont l’implication a joué un rôle déterminant dans la maîtrise de l’épidémie.
Il a également salué l’appui des partenaires techniques et financiers, parmi lesquels l’Organisation mondiale de la Santé, l’UNICEF, l’Union européenne, les États‑Unis et la Banque mondiale.
Si l’urgence nationale est levée, les autorités sanitaires appellent néanmoins à la prudence.
Le virus n’a pas totalement disparu et certains foyers continuent d’être surveillés.
Le gouvernement entend désormais passer d’une logique de gestion de crise à une stratégie durable de résilience sanitaire.

Trois priorités structurent cette nouvelle phase :
renforcer les mécanismes de prévention, assurer une meilleure redevabilité dans la gestion des ressources et maintenir la vigilance au niveau communautaire afin d’éviter toute résurgence.
Pour le ministre de la Santé, cette étape symbolise un tournant dans la gestion des crises sanitaires en RDC.
« La santé est désormais au cœur de notre souveraineté nationale. Le Congo ne se contente plus de subir les crises : il se prépare à les anticiper », a-t-il affirmé.
Avec cette annonce, la République démocratique du Congo revendique une victoire collective face à l’une des épidémies les plus marquantes de ces dernières années, fruit d’une mobilisation nationale et internationale sans précédent.
✍🏽 Par la rédaction



